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Flavie Goulet : UQAM - Université du Québec à Montréal
La littérature scientifique existante démontre que les lieux de culte constituent des lunettes privilégiées pour étudier la diversité religieuse à un échelon local, parce qu’ils illustrent concrètement les enjeux et les dynamiques en présence (Germain et Gagnon, 2002; Fourot, 2009; Dejean, 2016). Les discussions entourant leur réglementation, leur établissement, ou encore les activités qui s’y déroulent contribuent à instaurer différents dialogues, notamment entre les acteurs municipaux et les acteurs religieux. Cette communication se propose de réfléchir au zonage des lieux de culte à partir des données recueillies dans le cadre de ma recherche de maîtrise dans l’arrondissement Montréal-Nord, qui mène depuis une dizaine d’années une réflexion de fond et de forme à propos du zonage des lieux de culte. En prenant appui sur une consultation publique menée en 2019 à l’arrondissement, ma communication illustrera les enjeux du zonage religieux sur le terrain, mais également ses répercussions sur le dialogue entre les acteurs municipaux et les acteurs religieux de Montréal-Nord.
Depuis 20 ans, la recherche portant sur la diversité religieuse a beaucoup avancé dans le monde francophone sur les questions relatives aux accommodements raisonnables, à la laïcité et à la liberté de conscience et de religion. En revanche, leur étude à l’échelle municipale est demeurée disparate et parcellaire. Récemment, les recherches portant sur la religion et la ville sont foisonnantes partout dans le monde, surtout dans les contextes de forte migration. Les villes servent de « loupe pour la théorie sociale » et, parmi les dynamiques urbaines, les changements religieux sont les plus notables au cours des 20 dernières années, et ce, « en dépit ou en tant que conséquence du processus de sécularisation et de modernisation ». Des recherches conduites dans différents contextes nationaux ont montré que l’échelle de la ville ou de la métropole permettait d’aborder sous un jour nouveau des débats qui demeurent trop souvent cantonnés sur un plan très théorique, comme ceux concernant la laïcité ou neutralité de l’État. C’est à la hauteur de la ville, dans son fonctionnement quotidien, que peuvent être observées des séquences placées sous le signe de la controverse, de la négociation ou transaction sociale.
Ce colloque veut apporter une contribution aux débats actuels sur les politiques publiques devant la diversité socioreligieuse, dans les espaces municipaux francophones minoritaire et majoritaire. Les communications offriront une analyse multifactorielle des enjeux spécifiques suivants, autour d’études de cas ou de perspectives théoriques : a) la transformation du paysage religieux et les évolutions de la neutralité ou laïcité de l’État, appréhendées à l’échelon urbain local; b) la manière dont les citoyens, groupes religieux et personnes sans religion s’approprient et se représentent l’espace urbain et la visibilité du religieux; c) la gouvernance de la diversité religieuse dans les pratiques quotidiennes des municipalités; et d) les modes de participation des groupes religieux à la vie urbaine.