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Malanga-Georges Liboy : Université Sainte-Anne
La Nouvelle-Écosse étant une province unilingue, l’accessibilité à des meilleurs services de santé en français pour les personnes immigrantes francophones pose un problème. Malgré les efforts réalisés par les gouvernements successifs, les défis sont encore nombreux. Sous l’impulsion de la Fédération Acadienne de la Nouvelle-Écosse et de Réseau santé Nouvelle-Écosse, une étude a été réalisée pour répondre aux questions ci-après : 1) Quelles sont les représentations des personnes immigrantes francophones vivant en milieu minoritaire en Nouvelle-Écosse sur leur santé physique et mentale? et 2) Quels sont leurs besoins en matière d’accès aux services de santé en français en Nouvelle-Écosse? Une recherche mixte de type exploratoire a été menée auprès des personnes immigrantes francophones et des étudiant(e)s internationaux des régions de Clare, d’Halifax et de Sydney.
L’objet de cette communication est de présenter les résultats et une série de pistes de solutions. Les médias sociaux et les nouvelles plateformes digitales offrent des perspectives intéressantes. Des initiatives d’offre active sont en place. Les organismes d’accueil ont commencé à décloisonner leurs services. Réseau-Santé tient de plus en plus compte des besoins particuliers des nouveaux arrivants. La loi sur les services en français est un pas dans la bonne direction. Les politiques d’équité, de diversité et d’inclusion commencent à toucher l’ensemble de la chaîne de valeur du système de santé provincial.
La recherche en matière de santé au Canada a toujours adopté une approche aveugle sur les enjeux raciaux. En raison de cela, il y a une importante lacune de la recherche scientifique sur la santé des Canadiens noirs et des populations immigrantes noires. Notre colloque offre un espace pour mettre en lumière les dernières recherches sur la santé des personnes, ainsi que les enjeux de santé publique et les disparités dans les soins et les services les concernant. De plus, ce colloque fournit une plateforme pour des discussions ciblées sur des questions liées à la santé et au bien-être des personnes noires.
Ce colloque est une occasion unique pour discuter en français des disparités en matière de santé observées chez les personnes noires au Canada. En effet, les personnes noires au Canada sont moins souvent dépistées pour plusieurs types de cancers et reçoivent une moins bonne qualité des soins. Parmi les 20 cancers les plus communs au Canada, 15 n’ont aucune donnée sur les personnes noires (Cénat et al., 2022). De plus, des disparités sont également observées dans d’autres maladies chroniques comme l’hypertension artérielle et le diabète (Veenstra et Patterson, 2016). Une autre étude a trouvé que les personnes noires présentent des symptômes dépressifs à des taux six fois plus élevés que les taux de la population générale au Canada (Cénat, Kogan et al., 2021). Finalement, au Canada, les personnes noires risquent davantage d’être diagnostiquées de psychose que les personnes blanches (Cénat, Dromer et al., 2023). Malgré ces preuves, peu d’espaces sont offerts pour discuter des recherches en cours et partager les nouvelles connaissances acquises avec les chercheurs, praticiens, gestionnaires et organismes communautaires, ainsi que pour susciter la mobilisation nécessaire pour réduire ces disparités en matière de santé dans les communautés noires. De plus, les communautés noires francophones sont souvent ignorées par le peu d’études sur les personnes noires au Canada.
Titre du colloque :