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Matthieu Meignan : UQAM - Université du Québec à Montréal
Depuis 2019, l’industrie télévisuelle a accru ses investissements liés à la production de séries axées sur le sport. Ce financement concerne aussi les services de télévision par contournement. En donnant accès aux coulisses du sport, une impression d’intimité se dégage de ces docuséries dont les propos ne sont pas tant sportifs que liés aux motivations, aux préférences et à l’identité des athlètes et de leur entourage. Ces productions sérielles contribuent à l'avènement d'une culture commune du sport à l'échelle mondiale portée par les spectateur·trice·s qui s’y identifient. Malgré tout, un déséquilibre majeur subsiste au niveau des représentations genrées du sport qui sont véhiculées dans ces programmes. Le remontage d’images et la mise en récit de faits sportifs s’inscrivent au sein d’un dispositif médiatique favorisant la reproduction de l’hégémonie masculine dans le domaine sportif, boudant les représentations qui feraient état de la diversité corporelle, ethnique, de genre ou de capacité. L'analyse des principales caractéristiques narratives et thématiques des docuséries de sports diffusées sur les plateformes de télévision par contournement démontre qu’un déséquilibre existe à l’avantage des hommes cisgenres blancs. Des séries comme Drive to Survive (Netflix, 2019) Break Point (Netflix, 2023), La vitesse dans le sang (Vrai, 2022) ou encore Moto GP Unlimited (2022, Amazon Prime Video) serviront de points d’ancrage à cette présentation.
Ce colloque vise à explorer les liens profonds qui existent entre le sport, la culture et les identités dans le contexte contemporain. Le sport est, depuis la modernité, au coeur du développement des communautés, des politiques de démocratisation, des territoires, et des identités nationales (Gruneau, R. & Whison, D. 1994; Gasparini, W. Vieille-Marchiset, 2008). Il a accompagné le processus d'industrialisation et de commercialisation de la culture (Defrance, 2011). En effet, le développement des médias et celui des sports sont intimement liés, "les deux sont enfants du XIXè siècle" (Clastres, J. & Méadel, M. 2007), ont participé à la constitution de la culture de masse, et à répandre ses formes de divertissement, de mises en spectacle, et de mises en tentions identitaires (Brohm, J.-M., 2006). Le sport est au coeur des processus d'identification collectives (Fleuriel,S. Schotté, M., 2012). Actuellement, les dynamiques transnationales et la numérisation généralisée permettent une accessibilité et des échanges d'une ampleur sans pareil, tout en produisant des tensions et inégalités accrues. Ces mouvements complexes sont au coeur de la recherche. En effet, le sport (ses lieux, ses acteurs, ses institutions) est récemment mobilisé de manière accrue pour penser divers enjeux liés à la diversité, à l’inclusion, et pour comprendre les médiations/médiatisations centrales au devenir des communautés et des identités (Duret, 2015).
Le colloque se veut un espace d'échanges et de questionnements : Comment le sport nous permet-il de mieux comprendre les politiques identitaires aujourd’hui? Comment le sport s’inscrit-il dans le développement culturel des communautés et territoires? Comment comprendre les passions populaires sportives? Quelle est la singularité des héros et stars sportives dans les dynamiques culturelles et identitaires actuelles? Quels enjeux sociaux et culturels animent le développement par le sport actuellement (jeunesse, santé, populations marginalisées, etc)?
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