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Cassandre Rey-Thibault : Sciences Po Paris
Face au dérèglement climatique, les littoraux urbains sont des espaces critiques des formes d’habitabilités futures. Ils sont menacés par le « nouveau régime climatique » (Latour 2017), en cumulant des vulnérabilités croissantes. Ces espaces sont aussi reconnus comme des ressources essentielles d’un « développement résilient » (IPCC 2022). Plus spécifiquement, les espaces portuaires littoraux sont des nœuds de l’économie mondialisée, nécessitant des transformations importantes. Pourtant, la question des submersions marines, suscite une attention et une priorisation inégales, en particulier dans les espaces urbains portuaires.
Cette contribution propose une comparaison de la mise à l’agenda des risques de submersions marines, de la hausse du niveau de la mer, dans trois ports occidentaux de différentes tailles : Rotterdam, Le Havre et Boston. Ils présentent des situations contrastées dans l’adaptation, « d’avant-garde » (Rotterdam (Dunn et al. 2017)), à une quasi absence de mise à l’agenda (Le Havre, (Rey-Thibault 2022)), en passant par une politique volontaire récente (Boston). La comparaison explore les généalogies de l’identification et de la caractérisation des risques de submersion, en lien avec le déploiement d’infrastructures de protection, et d’autres solutions d’adaptation envisagées. Plus spécifiquement, je m’intéresse aux négociations des acteurs locaux, liés à leurs différentes cultures professionnelles, et leurs représentations des futurs.
Dans un contexte de changements climatiques et de concentration des enjeux humains et bâtis sur les côtes, les risques côtiers d’érosion et de submersion marines sont en constante augmentation sur les littoraux anthropisés du monde. En outre, les difficultés de gestion intégrée de la zone côtière et la multiplicité des positions des différents et nombreux acteurs (citoyens, élus, administrations publiques, organisations locales et régionales et autres parties prenantes) complexifient la gestion de ces risques. Projeter ces espaces vulnérables dans un avenir durable devient un défi auquel la recherche interdisciplinaire et partenariale entre chercheur·ses, professionnel·les de la gestion des risques côtiers et habitant·es peut apporter des éclairages cruciaux.
L’objet de ce colloque est de croiser les approches des chercheur·ses, mais aussi des praticien·nes-gestionnaires, pour capitaliser l’avancée des connaissances sur ce sujet et apporter des éléments utiles pour progresser vers l’adaptation des populations et des territoires littoraux.
Les thématiques qui nous semblent essentielles pour y parvenir sont diverses. Elles touchent aux questions de vulnérabilité systémique de ces territoires littoraux, à la connaissance des dynamiques naturelles et sociopolitiques, à l’analyse des politiques publiques et de leurs applications sur le terrain, aux représentations des populations, à leurs capacités d’adaptation et de résilience, à la construction de scénarios d’adaptation...
L’interdisciplinarité et les partenariats avec les gestionnaires favorisent des démarches intégrées. Les méthodes et outils déployés pour étudier ces questions peuvent être d’une très grande variété (indices de vulnérabilité, plateformes numériques de données, enquêtes auprès d’acteurs du territoire, frises chronologiques, cartographies narratives, jeux sérieux, coconstruction de scénarios…). Que peut-on apprendre de ces démarches et outils? Quelles leçons en tire-t-on pour avancer vers l’adaptation?
Titre du colloque :