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Les personnes aînées et les reprises de logement au Québec en 2021

RG

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Renaud Goyer : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Depuis une dizaine d’années, les reprises de logement, c’est-à-dire lorsqu’un propriétaire active son droit de propriété pour reprendre un logement et évincer un ou une locataire pour l’occuper ou y loger un membre de sa famille, sont en constante augmentation. Selon les chiffres du Tribunal administratif du logement, entre 2014 et 2021, le nombre de décisions à ce sujet a triplé et dans la majorité des cas, les reprises sont autorisées. Dans les décisions, l’âge des locataires et des bénéficiaires de la reprise est, dans la plupart des cas, mentionné ce qui permet à la fois de relever la proportion de locataires ainés victimes de reprise, mais aussi celle des bénéficiaires (supposée). À cet égard, notre présentation visera à comparer les discours sur la vulnérabilité et la précarité des ainés mobilisés par les locataires et les propriétaires consignés par les juges dans les décisions et d’analyser la position du tribunal face aux arguments de chacun. Notre objectif est de montrer que la précarité et la vulnérabilité des ainés sont davantage considérés lorsque le propriétaire les mobilise dans le projet de reprise que pour protéger les locataires ainés face à l’expulsion.

Résumé du colloque

La question du logement est centrale pour une compréhension approfondie des dynamiques d’exclusion sociale et territoriale vécues par les personnes aînées locataires. Le logement est d’abord un bien possédant une valeur marchande, qui peut être consommé pour satisfaire des besoins et assurer le bien-être. Le logement représente également un déterminant majeur de la santé, surtout en ce qui concerne les personnes aînées en perte d’autonomie, de même qu’un ancrage primaire dans un quartier ou une localité. Or, le contexte de crise de disponibilité et d’abordabilité du logement qui perdure risque d’alimenter l’augmentation des inégalités d’accès au logement et fragilise le droit au logement, particulièrement chez les personnes aînées locataires en situation de vulnérabilité. La prévalence de cette précarité résidentielle et, plus particulièrement, de mobilités ou immobilités contraintes semble contredire, ou du moins affaiblit, la portée réelle des politiques publiques encadrant le vieillissement. On pense plus particulièrement aux politiques pouvant sécuriser le maintien dans les lieux dans les quartiers en gentrification ou réduire les inégalités et exclusions sociales vécues par les personnes aînées.

Dans ce colloque, le logement sera la pierre angulaire autour de laquelle les communications aborderont les mécanismes d’exclusion socioterritoriale, mais aussi d’ancrage des personnes aînées vulnérables dans leur milieu de vie dans différents types de collectivités. Trois axes de recherche sont particulièrement d’intérêt : 1) les moyens mis en œuvre à différentes échelles pour s’attaquer au problème de la précarité résidentielle des personnes aînées; 2) l’expérience sociale et les épreuves vécues des locataires aîné·e·s dans différents types de milieux de vie et de localités; et 3) les actions des acteurs locaux s’engageant à soutenir ces locataires vivant une situation d’exclusion territoriale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 16 mai 2024

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