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LES SAVOIRS ENDOGÈNES DES COMMUNAUTÉS NOURRICIÈRES EN CASAMANCE

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Aliou Sene : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

La communication aborde la question des connaissances traditionnelles liées à l'agriculture et à l'alimentation dans la région de Casamance au Sénégal. Elle vise à comprendre l'importance et l'évolution de ces savoirs locaux sur une période de 23 ans, ainsi que leur rôle dans la sécurité alimentaire et la préservation de la biodiversité. Il s'agit également d'analyser comment ces savoirs traditionnels peuvent contribuer à des stratégies durables de sécurité alimentaire et de préservation des ressources naturelles dans la région.

La méthodologie de cette étude repose sur une approche mixte, combinant des méthodes de recherche qualitative et quantitative. L'étude s'appuie également sur des données historiques et des sources primaires et secondaires pour retracer l'évolution des savoirs endogènes dans la région sur la période 2000-2023.Les principaux résultats de cette communication mettent en évidence une persistance significative des savoirs endogènes au sein des communautés nourricières en Casamance, malgré les pressions du changement social et environnemental. Ces connaissances traditionnelles jouent un rôle crucial dans la diversification des cultures, la préservation des variétés locales et l'adaptation aux conditions climatiques changeantes. De plus, l'étude souligne l'importance de ces savoirs pour la résilience des systèmes alimentaires locaux face aux chocs externes, tels que les sécheresses ou les maladies des cultures.

Résumé du colloque

L’Agenda 2030 de l’ONU montre clairement que la transition vers des systèmes alimentaires écologiquement, socialement et économiquement durables est une nécessité pour atteindre le développement durable (ONU, 2015). Or, selon le rapport intitulé L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, tout porte à croire que l’Objectif de développement durable n° 2 – éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable – ne sera pas atteint d’ici à 2030 (FAO, FIDA, UNICEF, PAM et OMS, 2021). La sécurité alimentaire fait référence à « un état selon lequel les populations ont accès en tout temps, dans la dignité, à suffisamment d’aliments pour pouvoir mener une vie saine et active » (Hamelin et Bolduc, 2003, p. 58). La COVID-19 et la guerre en Ukraine ont fragilisé les systèmes d’approvisionnement et les filières agricoles. Plusieurs pays font actuellement face à des problèmes d’accès à l’alimentation. Les liens d’interdépendance entre agriculture et sécurité alimentaire, d’une part, et enjeux globaux du climat et biodiversité, d’autre part (Le Grix, 2021), démontrent la nécessité de mettre en place des systèmes alimentaires résilients aux échelles locales pour faire face aux défis actuels et ceux qui pourraient survenir dans l’avenir.

Différentes organisations publiques, citoyennes et/ou communautaires ont ainsi adopté des démarches ou des stratégies invitant les acteurs territoriaux à relocaliser la production alimentaire au service des communautés. Ces dernières s’engagent dans un processus de coconstruction en faveur de la sécurité alimentaire pour augmenter la production et la consommation d’aliments locaux en passant par le développement du sentiment d’appartenance et une appropriation de l’espace public.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
Discutant-e- de la session : Salmata OUEDRAOGO
section icon Date : 16 mai 2024

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