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Raphael Onguene : Université de Douala
Dans un contexte de changements climatiques, les rivages de l’estuaire du Wouri sont de plus en plus exposés aux inondations, fluviales ou marines, et à l’érosion côtière. Or l’agglomération de Douala, située le long du Wouri, est en forte croissance urbaine ce qui accroît le niveau de vulnérabilité, d’autant plus que la mangrove protectrice est fortement dégradée.
Afin de mieux connaître le niveau d’exposition aux aléas, l’analyse d’informations spatiales et des mesures sur le terrain ont été complétées par des séances de cartographie participative avec les habitants. Parallèlement, une enquête auprès des résidents et l’organisation de groupes de discussion en format World Café avec des gestionnaires ont permis de recueillir des données sur les perceptions des risques et le niveau d’adaptation actuel. Ces informations ont mené à la cartographie de la vulnérabilité sur 3 sites tests à l’aide d’un indice original. Pour chaque secteur de 200 m de long, les enjeux humains, socio-économiques et environnementaux potentiellement exposés, ainsi que le niveau d’adaptation, ont été caractérisés selon 16 paramètres, pondérés en fonction de leur l’importance pour les praticiens.
L’ensemble de ces activités et les séances de vulgarisation ont impliqué près de 200 personnes. À l’avenir, cet indice va être réutilisé dans d’autres secteurs du Wouri et servira d’outil d’aide à la décision pour l’aménagement de la ville de Douala en distinguant des secteurs plus ou moins vulnérables aux aléas.
Dans un contexte de changements climatiques et de concentration des enjeux humains et bâtis sur les côtes, les risques côtiers d’érosion et de submersion marines sont en constante augmentation sur les littoraux anthropisés du monde. En outre, les difficultés de gestion intégrée de la zone côtière et la multiplicité des positions des différents et nombreux acteurs (citoyens, élus, administrations publiques, organisations locales et régionales et autres parties prenantes) complexifient la gestion de ces risques. Projeter ces espaces vulnérables dans un avenir durable devient un défi auquel la recherche interdisciplinaire et partenariale entre chercheur·ses, professionnel·les de la gestion des risques côtiers et habitant·es peut apporter des éclairages cruciaux.
L’objet de ce colloque est de croiser les approches des chercheur·ses, mais aussi des praticien·nes-gestionnaires, pour capitaliser l’avancée des connaissances sur ce sujet et apporter des éléments utiles pour progresser vers l’adaptation des populations et des territoires littoraux.
Les thématiques qui nous semblent essentielles pour y parvenir sont diverses. Elles touchent aux questions de vulnérabilité systémique de ces territoires littoraux, à la connaissance des dynamiques naturelles et sociopolitiques, à l’analyse des politiques publiques et de leurs applications sur le terrain, aux représentations des populations, à leurs capacités d’adaptation et de résilience, à la construction de scénarios d’adaptation...
L’interdisciplinarité et les partenariats avec les gestionnaires favorisent des démarches intégrées. Les méthodes et outils déployés pour étudier ces questions peuvent être d’une très grande variété (indices de vulnérabilité, plateformes numériques de données, enquêtes auprès d’acteurs du territoire, frises chronologiques, cartographies narratives, jeux sérieux, coconstruction de scénarios…). Que peut-on apprendre de ces démarches et outils? Quelles leçons en tire-t-on pour avancer vers l’adaptation?
Titre du colloque :