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L’évaluation d’un travail de groupe : une gestion complexe

CB

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Cynthia Blanchette : ICD Business School

Résumé de la communication

Selon Philippe Meirieu (1993) le rôle de l’enseignant est non seulement d’instruire les élèves mais également d’ouvrir « à chacun de nouveaux horizons, susciter en chaque élève de nouveaux désirs et l’engager vers de nouveaux savoirs ». Le travail de groupe est l’un des leviers qui permet aux enseignants une pédagogie active grâce aux échanges interindivuels, l’interdépendance sociale et cognitive entre les étudiants. Le travail en équipe permet notamment le dialogue constructif, accepter la contradiction tout en défendant son point de vue, rechercher le consensus… Comme le précise le psychologue russe Lev Vygostki (1896-1934) « Ce que l’enfant est en mesure de faire aujourd’hui en collaboration, il saura le faire tout seul demain ». Morin (2015) évoque la complexité du monde qui oblige à travailler ensemble pour relever les défis sociaux. Les travaux en équipe ont de multiples avantages, cependant il pose la question de leur évaluation. Comment évaluer le savoir-faire et le savoir-être ? Doit-on donner une note similaire à tous les membres du groupe ou bien une note individuelle ? Une évaluation par l’enseignant et/ou par les étudiants ? La question de la notation juste et éthique dans le cadre d’un travail de groupe est centrale pour cette communication. Toutes ces questions démontrent bien à quel point l’évaluation d’un travail de groupe peut s’avérer complexe.

Résumé du colloque

Même si dans le langage commun on mêle souvent complexe et compliqué, il s’agit bien de deux notions différentes. Ce qui est compliqué peut être réduit à un principe simple, ce qui est complexe, non (Morin et al., 2003). Ainsi, la complexité ne peut être réduite, alors que le réductionnisme, tel que prôné par Descartes (1648), est toujours au cœur des enseignements aujourd’hui.

Morin (2000) fait référence à sept trous dans les systèmes éducatifs : 1) la connaissance d’une difficulté concerne l’illusion et l’erreur liées à la connaissance, car toute connaissance suppose à la fois une traduction et une reconstruction; 2) la connaissance pertinente, c’est-à-dire la capacité à mettre en contexte le savoir; 3) la condition humaine, à la fois biologique, psychologique et sociologique; Homo sapiens et demens, Homo faber et ludens, Homo oeconomicus et mythologicus; 4) la compréhension humaine, qui nous permet de voir l’humain comme sujet, et non comme objet, et il faut se comprendre pour pouvoir comprendre les autres; 5) l’incertitude, pour à la fois apprendre et affronter l’incertitude, cela a été particulièrement remis à l’avant-scène au cours des dernières années; 6) l’ère planétaire, nous avons une communauté de destin, cela aussi a été flagrant en 2020; 7) l’anthropo-éthique, qui prône l’autonomie personnelle, responsabilité et participation sociale, et participation au genre humain. Ces sept éléments permettent de tenir compte d’une pensée complexe.

Même si, à l’échelle des institutions, ces éléments ne sont pas pris en compte, il existe à de nombreux endroits des enseignants qui ont à cœur de vouloir changer de paradigme. Toutefois, ces changements ne sont pas simples, car ils se heurtent à des réalités complexes.

L’objectif de ce colloque est de montrer comment des enseignants activant des éléments issus des sept savoirs peuvent y parvenir. Quels écueils vivent-ils? Quels résultats obtiennent-ils?

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
manager icon Responsables :
Salah Koubaa
section icon Date : 16 mai 2024

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