Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
William Fils Tcheumtchoua Nzali : Université d'Ottawa
La recherche sur l’école de langue française en lien avec le racisme antinoir(e), a souvent été abordée, à notre connaissance, à partir d’un cadre épistémologie euro centrique. En effet, les études sur les expériences des personnes noires, telle que l’insertion professionnelle de ces dernières, continue de baigner dans le colonialisme et le racisme épistémologique par la quasi-non-utilisation des épistémologies qui leur sont propres (Duchesne, 2020). Cependant, certains chercheurs et chercheuses estiment qu’il serait plus équitable et inclusif d’aborder les expériences des personnes noires à partir de ou des épistémologies propres à leur vision du monde (Dei, 2017; Jean-Pierre et Collins, 2022; Madibbo, 2021; Thésée et Carr, 2016).
Dès lors, il nous semble que réfléchir sur le racisme antinoir(e) implique de saisir l’essence de l’identité noire, concept incontournable dans la lutte contre ce racisme (Dei, 2017; Fanon, 2002; Glissant, 1990; Ibrahim, 2017).
Notre communication qui se situe dans une perspective d’éducation fondamentale antiraciste noire, voudrait répondre à la question de savoir comment comprendre l’identité de la personne noire afin de mieux aborder le racisme antinoir(e) en contexte minoritaire francophone. Il s’agira pour nous, de mettre en exergue quelques fondements de cette identité noire : l’esclavage, la colonisation, la recréation et la relation pour plus d’équité dans la pensée et l’action anti-raciste noire en milieu minoritaire francophone.
L’éducation de langue française en contexte anglodominé est actuellement un espace en tension. Avec la pression de renforcer l’identité francophone tout en promouvant la réconciliation avec les peuples autochtones (Commission de vérité et réconciliation du Canada [CVR], 2015), lutter contre le racisme en tant qu’institution eurocentrique (Gérin-Lajoie, 2020; Ibrahim, 2016) et participer à l’accueil et à l’installation des familles immigrantes ou réfugiées (Blaney, 2011; Farmer et al., 2013; Initiative des communautés francophones accueillantes), l’éducation de langue française est un espace dynamique et complexe.
Par leurs questionnements et leurs recherches, les chercheuses et chercheurs participent à la description de cet espace scolaire francophone, mais aussi au dialogue au sujet des enjeux « sous tension ». Que ce soit dans le domaine de la didactique, des fondements de l’éducation ou de l’administration et du leadership scolaire, les chercheuses et chercheurs constatent divers enjeux, les priorisent, les théorisent, en font des objets de recherche et, par un retour récursif avec le terrain de l’éducation de langue française, agissent sur ces enjeux et sur l’avenir du projet éducatif de la minorité de langue officielle. Bien que les chercheuses et chercheurs qui s’inscrivent dans ces divers domaines ont souvent le même objet de recherche, peu d’occasions sont offertes pour réfléchir ensemble aux enjeux qui nous préoccupent, pour confronter nos perspectives et déceler les zones d’ombre de nos positionnements. Ce colloque est le lieu d’une telle rencontre et de mise en commun des expertises sur l’éducation de langue française dans des contextes anglodominés ou diversifiés.
Le colloque est organisé sous forme de cercles de dialogue exploratoire. Au contraire de la présentation magistrale, un dialogue exploratoire est un espace commun de raisonnement, de partage des conceptions de départ, de remise en question et de construction de connaissances communes (adapté de Littleton et Mercer, 2010 : p. 279).
Chaque cercle de dialogue exploratoire dure 50 minutes et comporte une ou plusieurs communications de 10 minutes chacune liées à un des thèmes proposés ou soulevés en fonction des propositions reçues, suivi d’une période de discussion de 20 minutes ayant pour but de susciter le dialogue exploratoire et l’émergence de nouvelles questions de recherche. Les personnes inscrites à distance peuvent interagir avec le groupe au moyen d’un clavardage. En raison de la nature interactive du colloque, il est attendu que les personnes participantes soient présentes pendant toute la durée du colloque (une journée et demie). Un repas froid est offert à l’heure du midi du 16 mai aux personnes inscrites au colloque.
Titre du colloque :
Thème du colloque :