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Frédérik Gagnon : Université de Montréal
Au Québec, les politiques publiques incitent une diversité d’acteurs à structurer des partenariats intersectoriels pour générer des avantages collaboratifs. À travers des dispositifs d’action publique qui mobilisent la notion de réussite éducative autour d’initiatives concertées, ces partenariats cherchent particulièrement à déployer une action collective autour des jeunes présentant des difficultés multiples. En utilisant la théorie de l’acteur-réseau, cette étude de cas propose une analyse processuelle qui montre comment des transformations institutionnelles ont influencé l’évolution d’un écosystème d’action collective local traitant de la réussite éducative en contexte rural. Les résultats montrent que les investissements du secteur philanthropique et les réformes dans les secteurs municipal, sociosanitaire et de l’éducation entraînent des controverses entre catégories d’acteurs. Les objets des politiques publiques territoriales qui mobilisent la réussite éducative sont alors en partie externes à l’école. Les transformations institutionnelles qui en découlent amènent les acteurs à revoir les structures de concertation intersectorielle pour s’adapter aux contraintes qu’elles imposent, limitant à chaque fois l’enrôlement et la mobilisation des acteurs locaux pour structurer et coordonner une action collective agissante sur les enjeux de réussite éducative.
Ce colloque, organisé par l’UQAM en collaboration avec l’UQTR, l’Université de Bordeaux et le groupe de recherche EFE, se penche sur les défis rencontrés par les élèves marginalisés au secteur de l’éducation des adultes. Ces défis sont multiples et complexes, allant de la précarité socioéconomique (Charlebois, 2018), des enjeux professionnels (Supeno et Bourdon, 2017), aux besoins particuliers (Lemire, 2011), en passant par la monoparentalité (Pelletier, 2022) et le processus migratoire (Villemagne, 2014). Nous nous intéressons aux dispositifs déployés pour accompagner ces adultes, tant en milieu institutionnel (centres d’éducation des adultes) que communautaire (organismes communautaires et milieux adaptés de scolarisation).
Ancrée au cœur de cette réflexion, l’approche globale s’éloigne de la focalisation sur les caractéristiques individuelles comme cause principale des difficultés. Elle s’incarne dans une perspective multiréférentielle (Ardoino, 2000) qui considère que les difficultés sont autant le résultat des épreuves sociales (Martucelli, 2011) que scolaires (Roiné, 2020). Cette approche étudie la complexité des parcours atypiques des personnes apprenantes en difficulté (Grossmann et al., 2014) et considère les situations menant à leur échec (Gardou, 2006), notamment l’organisation en vase clos des interventions prodiguées (Vidal et St-Onge, 2020).
Dans cette optique, ce colloque représente une occasion précieuse de réfléchir de manière interdisciplinaire aux différents dispositifs pédagogiques, didactiques, d’intervention sociale, etc., déployés auprès des élèves marginalisés au secteur de l’éducation des adultes. Les personnes participantes partagent une sensibilité commune pour les contextes, les situations et les actrices et acteurs sociaux, appréhendée selon une perspective clinique et non déficitaire. Leur réflexion s’articule autour de trois axes complémentaires : 1) les élèves; 2) les intervenantes et intervenants; et 3) les organisations.
Titre du colloque :