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Pierre-Luc Lupien : Cégep de la Gaspésie et des Îles
La région administrative de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine apparaît comme une « région de propriétaires ». Il ne s’agit pas seulement d’un constat attesté par les statistiques démographiques sur le statut d’occupation, où le ¾ des ménages, 74,4 % sont des ménages propriétaires (Société d’habitation du Québec, 2017: 8), mais aussi d’une représentation sociale et régionale des formes résidentielles. Le marché locatif se situe dans une situation plus ou moins à la marge. Elle est destinée à des profils de populations plus jeunes, à de nouveaux arrivants ainsi qu’à des profils associés à la pauvreté. Dans une forte proportion, l’offre locative prend la forme informelle de la location de maisons unifamiliales (48,9 %) (CIRADD, 2021:24). Il s’agit de location de maisons unifamiliales, souvent des propriétés invendues toujours offertes sur le marché immobilier. Ceci implique donc une part de précarité résidentielle (Lupien, 2016). Cette communication propose d’explorer la réalité des locataires aînées en maisons unifamiliales, principalement des femmes, à partir d’une enquête ethnographique menée dans une localité de services gaspésienne (Lupien, 2019). L’étude de cette réalité et sa mise en relation avec d’autres réalités devraient permettre de saisir les dimensions spécifiques de l’exclusion socioterritoriale en milieu rural et périphérique tout en les reliant au contexte national de crise du logement.
La question du logement est centrale pour une compréhension approfondie des dynamiques d’exclusion sociale et territoriale vécues par les personnes aînées locataires. Le logement est d’abord un bien possédant une valeur marchande, qui peut être consommé pour satisfaire des besoins et assurer le bien-être. Le logement représente également un déterminant majeur de la santé, surtout en ce qui concerne les personnes aînées en perte d’autonomie, de même qu’un ancrage primaire dans un quartier ou une localité. Or, le contexte de crise de disponibilité et d’abordabilité du logement qui perdure risque d’alimenter l’augmentation des inégalités d’accès au logement et fragilise le droit au logement, particulièrement chez les personnes aînées locataires en situation de vulnérabilité. La prévalence de cette précarité résidentielle et, plus particulièrement, de mobilités ou immobilités contraintes semble contredire, ou du moins affaiblit, la portée réelle des politiques publiques encadrant le vieillissement. On pense plus particulièrement aux politiques pouvant sécuriser le maintien dans les lieux dans les quartiers en gentrification ou réduire les inégalités et exclusions sociales vécues par les personnes aînées.
Dans ce colloque, le logement sera la pierre angulaire autour de laquelle les communications aborderont les mécanismes d’exclusion socioterritoriale, mais aussi d’ancrage des personnes aînées vulnérables dans leur milieu de vie dans différents types de collectivités. Trois axes de recherche sont particulièrement d’intérêt : 1) les moyens mis en œuvre à différentes échelles pour s’attaquer au problème de la précarité résidentielle des personnes aînées; 2) l’expérience sociale et les épreuves vécues des locataires aîné·e·s dans différents types de milieux de vie et de localités; et 3) les actions des acteurs locaux s’engageant à soutenir ces locataires vivant une situation d’exclusion territoriale.
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