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Taegan Holmes : Université d'Ottawa
La nature interactive des outils d'intelligence artificielle générative (IAG) permet à l'utilisateur d'entrer en conversation avec une machine (OpenAI, 2023). En contexte d’apprentissage d’une langue, cette interactivité pourrait s’avérer utile pour la révision textuelle.
Des études empiriques suggèrent déjà que ChatGPT, un outil d’IAG, a du potentiel pour diverses tâches de traitement du langage naturel, y compris la correction des erreurs grammaticales (Fang et collab., 2023 ; Wu et collab., 2023) et la révision textuelle (Su et collab., 2023). Pour ma thèse de maîtrise, je m’intéresse à l'utilisation de ChatGPT pour la rétroaction corrective écrite interactive en enseignement-apprentissage du français langue seconde.
Il s’agit d’une étude qualitative pour laquelle des apprenants universitaires (n = 9) de FLS de niveau intermédiaire faible ont accompli une tâche de révision textuelle avec ChatGPT. Durant celle-ci, ils ont été incités à entrer en conversation avec l’outil pour solliciter des explications sur leurs erreurs. Ils ont aussi répondu à des questionnaires pré et post tâche. Je ferai une analyse conversationnelle, me concentrant sur le nombre et la qualité des tours de parole, des requêtes, etc. Les résultats à ce jour indiquent que les pratiques de révision textuelle en utilisant ChatGPT sont hétérogènes ; certains apprenants sont très investis alors que d’autres le sont moins. Des exemples concrets seront partagés pendant ma communication.
Les outils issus de l’intelligence artificielle – on pense particulièrement aux outils de traduction automatique comme DeepL ou des agents conversationnels comme ChatGPT – sont désormais utilisés de plus en plus massivement par les apprenant·es de langue (par exemple pour faire leurs devoirs à la maison), même s’ils demeurent rarement pris en charge par la communauté enseignante. Or, l’utilisation de ces outils soulève ou renouvelle un grand nombre de questions didactiques relatives à l’usage du numérique pour chacune des étapes de la production d’un texte en langue maternelle, seconde ou additionnelle, de la génération des idées à la révision textuelle (Wang et Wen, 2002). De nouvelles littératies numériques se font jour (Lacelle et al., 2017), mettant au centre du processus la multimodalité et requérant de nouvelles compétences de la part des apprenant·es-scripteur·es. Parallèlement, des méthodologies émergent dans le champ de la linguistique appliquée (Hamel et Seror, 2016; Yi et al., 2022), qui permettent d’apporter des éclairages inédits sur certains aspects du processus d’écriture, de traduction, d’interaction ou de création. Enfin, des enjeux didactiques liés au développement de ces littératies numériques et à leur évaluation (Dupuy, 2023) sont remis au centre des questionnements alors que les enseignant·es se montrent encore réticent·es au recours à ces outils dans la salle de classe (Grassin et Guichon, 2019).
En réunissant un panel de chercheur·ses en didactique des langues travaillant sur la littératie numérique, le symposium organisé dans le cadre de l’Acfas à Ottawa se donne comme mission d’examiner ces questionnements et enjeux et de dessiner des perspectives de recherche et de formation.
Titre du colloque :