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Gilles Crague : École des Ponts ParisTech
L’impératif de transition écologique interroge le management public des métropoles, longtemps indexé sur le seul impératif de croissance, et fait émerger de nouvelles formes de gouvernance territoriale. Cette communication en examine les caractéristiques à partir d’une étude de cas : le projet de mutation de La Vallée de la Chimie lyonnaise (France), vaste zone qui concentre d’importantes installations industrielles à risques. Nous montrons que la gouvernance s’appuie sur un couplage innovant d’outils; une charte et un appel à projets. Ils cadrent le partenariat public-privé et les interactions incontournables entre industriels implantés, porteurs de projets extérieurs et acteurs publics multiniveaux. Un « acteur projet » public spécialement créé par l’institution métropolitaine est délégataire de la régulation du jeu d’acteurs. Loin d’être en marge de la gouvernance, l’État tient un rôle important, qui l’amène à réconcilier ses fonctions de contrôle des installations industrielles et de développement de l’industrie. Les industriels déjà implantés transforment leur rapport au territoire. Enfin, cette gouvernance est au service d’une réindustrialisation qui ne se réduit pas au seul objectif de compétitivité. Elle vise aussi à assurer l’existence urbaine d’installations industrielles d’autant plus importantes que certaines (énergies renouvelables, recyclage de matières, phytoremédiation) constitueront le socle de la transition écologique du territoire métropolitain.
Au cours du 20e siècle, les États ont adopté différents modèles de gouvernance publique passant entre autres du taylorisme, à la bureaucratie jusqu’à la nouvelle gestion publique (NGP). Ces mêmes États ont également procédé à de nombreuses réformes (Bouckaert, 2023) marquées notamment par l’implantation et la désagrégation des agences autonomes (Goupil et Gagnon, 2022). Du point de vue du management public, les conséquences attribuables aux pratiques du nouveau management public (NMP) ont amené certains gouvernements à adopter des stratégies d’adaptation ou de recalibrage de l’action publique (Levy, 2010). Que ce soit en raison des crises sanitaires ou climatiques, ou de simples défaillances du NMP, les États sont appelés à repenser les modes d’instauration de l’action publique et leur mode de gouvernance (Negri et Hardt, 2000; Le Galès, 2003).
Ce colloque porte sur l’évolution de la gouvernance publique et du rôle de l’État au 21e siècle, et la place de l’innovation dans ces évolutions. Il aborde le passage du nouveau management public vers le post-NMP. Assiste-t-on à l’émergence d’un État néo-wébérien? Comment le secteur public peut-il être une source d’innovation? Quelle est la valeur ajoutée de la fonction publique et pourquoi, dans certaines juridictions, assiste-t-on à une revalorisation de la bureaucratie? Quelles sont les réformes nécessaires à l’État? Les communicants sont invités à partager leurs réflexions à l’égard des apprentissages que les États peuvent tirer des crises sanitaires et climatiques. Multiplication des agences, État fort, rôle des villes et des territoires : comment résoudre les nouveaux enjeux de management public? Quel rôle l’innovation peut-elle jouer dans la résolution de ces enjeux?
Titre du colloque :