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Tiffany Andry : Université libre de Bruxelles
L'essor du web 2.0 et des réseaux socionumériques a considérablement accru l'utilisation de la visualisation des données, en dépit des principes minimalistes de Bertin (1967) et Tufte (1983, 1991). Les (nouveaux) médias proposent des graphiques embellis, dont les effets bénéfiques sur la mémorisation et l'engagement ont été soulignés par diverses études. Notre objectif est de sonder l'iinfluence de cette ornementation sur la construction de sens des utilisateurs.
Nous présenterons le dispositif méthodologique de notre recherche, alliant méthodes quantitatives et qualitatives. Quarante expérimentations, intégrant l'oculométrie (eye-tracking), une récolte d’appréciations déclarées et et des entretiens, ont été menées avec des professionnels de la communication numérique. Dans cette communication, nous expliquerons quelle est la plus-value du croisement des méthodes de récoltes et d’analyse de données, que nous appelons « méthodologies mixtes ».
Cette présentation se veut être une réflexion critique sur notre approche, dépassant le clivage entre méthodes quantitatives et qualitatives et relevant de nombreux défis épistémologiques. Nous partageons notre expérience sur la réalisation d'expériences en laboratoire en sciences humaines, inscrites dans un paradigme constructiviste, et sur la manière de concilier différentes sources de données et analyses pour répondre à une question de recherche spécifique. Nous contriburons ainsi au débat sur la diversité des pratiques en recherche.
Les sciences sociales et humaines sont un monde riche et diversifié de pratiques dans lequel de nombreux débats questionnent notre rapport aux techniques de la recherche. Que ce soit concernant les débats relatifs aux questions sur l’objectivité en recherche, sur la scientificité des disciplines dites plus pures ou plus molles, sur la reconduction du dualisme opposant les méthodes quantitatives aux méthodes qualitatives ou encore sur les débats opposant herméneutes et méthodologues, les enjeux méthodologiques et épistémologiques qui traversent les sciences humaines et sociales demeurent des réflexions incontournables dans la formation des futur·e·s chercheur·se·s, et ce, peu importe la discipline. Dans ce contexte, trois enseignant·e·s du programme de Techniques de recherche et de gestion de données du Collège de Rosemont proposent d’aborder ces enjeux par l’entremise d’une approche positive visant la valorisation de la diversité des pratiques en recherche afin de se détacher de ces oppositions, tout en réfléchissant à la manière de replacer les objets d’étude au centre de nos intérêts de recherche afin de valoriser les techniques de recherche en tant que coffre à outils et non comme un camp où se positionner. Pour l’exercice, nous souhaitons convier des personnes (chercheur·se·s et étudiant·e·s) à venir présenter des projets de recherche qui valorisent des cadres méthodologiques originaux, innovants, mixtes, hybrides (sur le plan tant des méthodes que des disciplines) dans le but de promouvoir les techniques de recherche sociale en tant que pratiques favorisant la créativité et l’innovation sociale. Cette journée d’échanges propose de mettre de l’avant l’audace méthodologique et la rigueur de la méthode, où la méthodologie de recherche est conçue comme permettant de rendre compte des phénomènes sociaux de manière rigoureuse tout en laissant un espace à la pensée critique.
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