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Jessica Dufresne : Université d'Ottawa
Le cadre de droits humains, d’abord promu par le Programme des Nations unies pour le développement, puis adopté par plusieurs agences onusiennes, suggère le respect de principes clés tels que l'universalité et l'interdépendance des droits, la participation et l'inclusion, la non-discrimination et l'équité ainsi que la responsabilité et l'État de droit. ONU-Habitat en fait même le gage d’une « bonne gouvernance » urbaine et le considère comme favorable à une gestion plus équitable des enjeux socioéconomiques auxquels font face les villes. Parmi ces enjeux, le logement, l’environnement, la santé et l’alimentation, des problématiques complexes qui requièrent des mesures systémiques de la part des gouvernements, y compris des autorités locales qui se retrouvent aux premières lignes pour y répondre.
Nous présentons les apports que pourrait avoir la mise en place d’une approche de droits humains pour encadrer la gouvernance locale de ces enjeux, en posant le regard sur la gouvernance de la sécurité alimentaire à l’échelle urbaine. Plus concrètement, nous analysons le potentiel de la mobilisation du droit à l’alimentation, et des impératifs propres à sa nature de droit humain qui en découlent, pour assurer la gouvernance équitable et démocratique de la sécurité alimentaire par les villes. Il est aussi question de la pertinence d'un tel ancrage local pour assurer la gouvernance de cet enjeu aux ramifications horizontales et verticales, qui nécessite la concertation d'acteurs divers.
Au cours du 20e siècle, les États ont adopté différents modèles de gouvernance publique passant entre autres du taylorisme, à la bureaucratie jusqu’à la nouvelle gestion publique (NGP). Ces mêmes États ont également procédé à de nombreuses réformes (Bouckaert, 2023) marquées notamment par l’implantation et la désagrégation des agences autonomes (Goupil et Gagnon, 2022). Du point de vue du management public, les conséquences attribuables aux pratiques du nouveau management public (NMP) ont amené certains gouvernements à adopter des stratégies d’adaptation ou de recalibrage de l’action publique (Levy, 2010). Que ce soit en raison des crises sanitaires ou climatiques, ou de simples défaillances du NMP, les États sont appelés à repenser les modes d’instauration de l’action publique et leur mode de gouvernance (Negri et Hardt, 2000; Le Galès, 2003).
Ce colloque porte sur l’évolution de la gouvernance publique et du rôle de l’État au 21e siècle, et la place de l’innovation dans ces évolutions. Il aborde le passage du nouveau management public vers le post-NMP. Assiste-t-on à l’émergence d’un État néo-wébérien? Comment le secteur public peut-il être une source d’innovation? Quelle est la valeur ajoutée de la fonction publique et pourquoi, dans certaines juridictions, assiste-t-on à une revalorisation de la bureaucratie? Quelles sont les réformes nécessaires à l’État? Les communicants sont invités à partager leurs réflexions à l’égard des apprentissages que les États peuvent tirer des crises sanitaires et climatiques. Multiplication des agences, État fort, rôle des villes et des territoires : comment résoudre les nouveaux enjeux de management public? Quel rôle l’innovation peut-elle jouer dans la résolution de ces enjeux?
Titre du colloque :