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Nouvelles technologies et bases de données lexicographiques : leur apport à une meilleure connaissance des discussions sur l’orthographe aux XVIIe et XVIIIe siècle

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Isabelle Turcan : Université d'Angers

Résumé de la communication

Les premières bases de données lexicographiques associant plusieurs textes de dictionnaires anciens créées dans les années 1995-1996 (T. R. Wooldridge - I. Turcan) et 2000-2001 (I. Turcan -éditions Redon) ont permis à la fois de mettre en lumière les incohérences graphiques au sein d’un même ouvrage ou d’un ouvrage à l’autre et de mesurer le décalage entre les graphies officielles des entrées et celles de l’usage réel dans les articles (I. Turcan, 1999).

Notre propos consiste donc à mieux comprendre, dans un contexte complexe d’usages graphiques diversifiés au cours de trois siècles, d’abord les motivations des imprimeurs-libraires pour une première tentative d’uniformisation graphique (XVIe-XVIIe), puis celle des lettrés et savants, non restreints aux grammairiens et lexicographes, pour la mise en place d’une orthographe de plus en plus normative, fondée sur l’analyse de l’histoire de la langue française et ouverte à la conquête d’un statut de référence dans l’histoire de l’enseignement général en France.

Résumé du colloque

La réforme des accords du participe passé, récemment remise à l’ordre du jour, a permis de relancer les discussions sur l’orthographe française, que ce soit dans les médias, les associations d’enseignement ou des activités grand public (p. ex., la table ronde organisée à l’Université de Montréal en septembre dernier). Or les discours sur l’orthographe dans la sphère publique peinent à dépasser les idées reçues sur le sujet (Dister et Moreau, 2012; Rheault et Elchacar, 2019). Toute proposition de changement est perçue comme une dégradation ou un désaveu de l’importance accordée à la « qualité de la langue ». Ceci est particulièrement vrai pour les francophonies périphériques qui vivent une grande insécurité linguistique, insécurité qui s’ajoute, pour la population québécoise, à une peur de voir leur langue décliner, voire disparaître.

Les recherches en linguistique sont pourtant unanimes : l’orthographe française est incohérente, les élèves peinent à la maitriser (Manesse et Cogis, 2007), elle entraîne des problèmes de société non négligeables (Legros et Moreau, 2012). Les recherches qui abordent l’orthographe d’un point de vue linguistique contribuent à mieux la cerner et la comprendre, pour éventuellement agir sur elle d’une manière raisonnée, en se fondant sur des données empiriques.

Dister, A. et Moreau, M.-L. (dir.) (2012) « Réforme de l’orthographe française – Craintes, attentes et réactions des citoyens ». Glottopol, no 19, pp. 36-53.

Legros, G. et Moreau, M.-L. (2012) Orthographe : qui a peur de la réforme ?, Fédération Wallonie-Bruxelles.

Manesse, D. et Cogis, D. (2007) Orthographe : à qui la faute?, Issy-les-Moulineaux, ESF éditions.

Rheault, A.-H. et Elchacar, M. (2019) « La vision des rectifications orthographiques, toujours aussi négatives au Québec ? Étude de l’évolution des discours dans la presse québécoise », Remysen, W. et S. Schwarze (dir.), Idéologies sur la langue et médias écrits : le cas du français et de l’italien, Frankfurt am Main, Peter Lang, pp. 13-36.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 16 mai 2024

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