Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Assumpta Ndengeyingoma : UQO - Université du Québec en Outaouais
Les femmes Noires ont une prévalence élevée de certains problèmes de santé comme le fibrome utérin. Le fardeau de cette maladie et de son traitement chez les femmes Noires est considérablement plus important que celui des autres groupes raciaux, avec des taux de complications plus élevés. Malgré cela, il existe l’inégalité dans l’accès à certains types traitement. Même si les soignants disent respecter le choix de ces femmes lors du choix des traitements, certaines femmes ont l’impression que les soignants se dégagent de leurs responsabilités en leur faisant comprendre qu’elles ont, elles-mêmes, opté pour tels ou tels traitements. L’idée d’élaborer les lignes directrices en matière de santé reproductive pour les femmes Noires du Canada est louable. Toutefois, il ne faut pas voir ces femmes au niveau physiologique seulement. Les études qui s’intéressent aux signes cliniques et les traitements sont plus que ceux qui s’intéressent aux représentations de fibromes utérins par les femmes Noires. Les fibromes utérins devraient être considérés, non seulement comme une configuration de signes cliniques, mais aussi comme un syndrome d’expériences vécues chargées de significations personnelles, culturelles, psychologiques qui expliquent les décisions des femmes dans leur choix de traitement ou la façon de vivre avec leur problème de santé.
La recherche en matière de santé au Canada a toujours adopté une approche aveugle sur les enjeux raciaux. En raison de cela, il y a une importante lacune de la recherche scientifique sur la santé des Canadiens noirs et des populations immigrantes noires. Notre colloque offre un espace pour mettre en lumière les dernières recherches sur la santé des personnes, ainsi que les enjeux de santé publique et les disparités dans les soins et les services les concernant. De plus, ce colloque fournit une plateforme pour des discussions ciblées sur des questions liées à la santé et au bien-être des personnes noires.
Ce colloque est une occasion unique pour discuter en français des disparités en matière de santé observées chez les personnes noires au Canada. En effet, les personnes noires au Canada sont moins souvent dépistées pour plusieurs types de cancers et reçoivent une moins bonne qualité des soins. Parmi les 20 cancers les plus communs au Canada, 15 n’ont aucune donnée sur les personnes noires (Cénat et al., 2022). De plus, des disparités sont également observées dans d’autres maladies chroniques comme l’hypertension artérielle et le diabète (Veenstra et Patterson, 2016). Une autre étude a trouvé que les personnes noires présentent des symptômes dépressifs à des taux six fois plus élevés que les taux de la population générale au Canada (Cénat, Kogan et al., 2021). Finalement, au Canada, les personnes noires risquent davantage d’être diagnostiquées de psychose que les personnes blanches (Cénat, Dromer et al., 2023). Malgré ces preuves, peu d’espaces sont offerts pour discuter des recherches en cours et partager les nouvelles connaissances acquises avec les chercheurs, praticiens, gestionnaires et organismes communautaires, ainsi que pour susciter la mobilisation nécessaire pour réduire ces disparités en matière de santé dans les communautés noires. De plus, les communautés noires francophones sont souvent ignorées par le peu d’études sur les personnes noires au Canada.
Titre du colloque :
Thème du colloque :