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Poésie, savoir et ignorance chez Louise Ackermann et Philippe Jaccottet

JA

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Joseph Acquisto : Université du Vermont

Résumé de la communication

Que sait la poésie si la quête de sa propre signification ou de sa propre définition est souvent au cœur de son entreprise explicite ou implicite ? L’impossibilité d’une réponse définitive à la question de la définition de la poésie, loin d’entraîner l’échec du projet poétique, le pousse à s’interroger sur le rapport constamment changeant de la poésie au monde d’où elle émerge et qu’elle refait à son image. Je me propose d’analyser deux poètes séparés par un siècle mais unis par une mise en question du rapport poésie-savoir. Les Poésies philosophiques de Louise Ackermann mettent en scène ce que l’on pourrait appeler une crise du savoir, à la fois épistémologique et affective. Nous y voyons les conséquences d’un savoir scientifique qui remplace les réponses religieuses traditionnelles mais qui en même temps refait et réoriente les questions elles-mêmes. L’ignorance, au sens neutre du terme, devient le moteur d’une nouvelle poétique et d’un nouveau savoir. Je mettrai Ackermann en dialogue avec Philippe Jaccottet, donc L’ignorant explore le lien entre la poésie, le savoir et la subjectivité en repensant le sujet lyrique comme à la fois pris dans un rapport au monde qui le dépasse et conscient de la capacité de la poésie de refaire le monde en réorientant la réflexion et la rêverie autour du point d’interrogation auquel ces deux poètes nous reconduisent.

Résumé du colloque

Les marges de nos carnets se peuplent d’idées et de sujets possibles –- ceux que nous ne ferons pas, que nous n’aurons pas le temps de faire —, et qui exercent et exerceront toujours une pression contre : les sujets que l’on ne creuse pas, qui restent à l’état de piste, nous fascinent et nous paraissent d’autant plus désirables que nous travaillons à autre chose.

Dans quelle relation sont l’accompli et l’inaccompli dans la pratique du chercheur en poésie ? En quoi les sujets notés dans nos marges influencent-ils le sujet présent, auquel on travaille, quelle pression exercent-ils ? Cette démarche elle-même, cette pratique de la pensée n’a-t-elle pas un lien intime avec la poésie ?

La pensée libre se déploie souvent par bonds capricieux, qui ne répondent ni aux impératifs ni aux intérêts. Et il se trouve que quiconque pratique cette pensée libre sort de son expertise pour se pencher, comme en aparté, sur des idées, des plans, des projets imprévisibles et informes. La rêverie ne peut-elle pas profiter de cette mise en lumière pour réaffirmer son droit d’exister au premier chef ? Si cette affirmation manque, nous voulons y pallier en lui donnant deux caractères, à la fois distincts et fortement liés : le poétique et le savant. Entre les démarches du savant et du poète un fil infaillible les saisit tous deux dans le même horizon, soit d’explorer et, pour cela, dépasser (sans lui tourner le dos) le monde connu. Le savant et le poète ont un même regard porté vers l’à-venir et, au-delà d’un certain point, n’ont plus besoin d’attendre une confirmation du monde actuel pour que la rêverie s’engage et réponde d’elle-même, dans la phase d’invention où elle cherche ailleurs ce qui peut convenir ici, maintenant. C’est entre autres ce que montrent les travaux de Judith Schlanger, d’Isabelle Stengers et de Jean-Pierre Bertrand.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
news icon Thème du colloque :
Rêveries poétiques et savantes
section icon Date : 16 mai 2024

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Titre du colloque :

Rêveries poétiques et savantes

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Thème du colloque :

Rêveries poétiques et savantes