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Meghan Joy : Université Concordia
Le Québec a pour objectif politique de permettre aux personnes aînées de vieillir chez elles, en toute sécurité et en bonne santé, dans leur domicile et leur communauté existants. Cet objectif est censé être réalisé grâce à la politique Un Québec pour tous les âges ainsi qu’à travers les politiques Municipalités amies des aînés (MADA) dans ses municipalités. Malgré cela, les personnes âgées de 65 ans et plus résidant en location privée dans les villes du Québec vivent diverses formes d’exclusion socioterritoriale et de marginalisation liées à la précarité résidentielle dans un « marché » de l’habitation urbaine de plus en plus soumis à la spéculation et à la gentrification. Cet article consiste en une analyse des politiques de vieillissement au Québec ainsi que des politiques MADA dans plusieurs villes confrontées à la spéculation immobilière (Montréal, Longueuil, Saint-Jérôme) afin d'examiner comment elles encadrent et répondent aux besoins et aux luttes en matière de logement. Ces informations sont croisées avec une analyse des politiques de logement au Québec et dans les villes ci-dessus pour examiner comment elles encadrent et répondent aux besoins des personnes âgées.
La question du logement est centrale pour une compréhension approfondie des dynamiques d’exclusion sociale et territoriale vécues par les personnes aînées locataires. Le logement est d’abord un bien possédant une valeur marchande, qui peut être consommé pour satisfaire des besoins et assurer le bien-être. Le logement représente également un déterminant majeur de la santé, surtout en ce qui concerne les personnes aînées en perte d’autonomie, de même qu’un ancrage primaire dans un quartier ou une localité. Or, le contexte de crise de disponibilité et d’abordabilité du logement qui perdure risque d’alimenter l’augmentation des inégalités d’accès au logement et fragilise le droit au logement, particulièrement chez les personnes aînées locataires en situation de vulnérabilité. La prévalence de cette précarité résidentielle et, plus particulièrement, de mobilités ou immobilités contraintes semble contredire, ou du moins affaiblit, la portée réelle des politiques publiques encadrant le vieillissement. On pense plus particulièrement aux politiques pouvant sécuriser le maintien dans les lieux dans les quartiers en gentrification ou réduire les inégalités et exclusions sociales vécues par les personnes aînées.
Dans ce colloque, le logement sera la pierre angulaire autour de laquelle les communications aborderont les mécanismes d’exclusion socioterritoriale, mais aussi d’ancrage des personnes aînées vulnérables dans leur milieu de vie dans différents types de collectivités. Trois axes de recherche sont particulièrement d’intérêt : 1) les moyens mis en œuvre à différentes échelles pour s’attaquer au problème de la précarité résidentielle des personnes aînées; 2) l’expérience sociale et les épreuves vécues des locataires aîné·e·s dans différents types de milieux de vie et de localités; et 3) les actions des acteurs locaux s’engageant à soutenir ces locataires vivant une situation d’exclusion territoriale.
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