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Pascaline Herpelinck : Haute Ecole Libre de Bruxelles Ilya Prigogine
En sciences infirmières, Finfgeld-Connett (2006) affirme que « le soin comprend des aspects affectifs ou humanistes relatifs à l’attitude et à l’engagement et des aspects instrumentaux ou techniques, et […] [qu’] il est important de ne pas les séparer ». Il découle de cette affirmation qu’un prendre soin de qualité requiert des qualités relationnelles et humaines. D’autres métiers de l’humain, dans les domaines de la santé, du social et de l’éducation exigent ces qualités que l’on peut qualifier de compétence au prendre soin humaniste par laquelle les professionnels, s'appuyant sur des valeurs humanistes, s’engagent de façon authentique, empathique et réflexive dans une relation mutuelle et réciproque, afin de favoriser la capacité de la personne accompagnée à être actrice de son projet.
La formation requiert alors des stratégies pédagogiques visant le développement de cette compétence en créant un environnement bienveillant et sécurisant pour les apprenants. De telles stratégies sont utilisées au sein de la section soins infirmiers de la Haute Ecole Libre de Bruxelles Ilya Prigogine , mais à ce jour, aucun monitoring n’a été réalisé pour s’assurer qu’elles contribuaient au développement de la compétence au « prendre soin humaniste ».
La recherche PreSHum porte sur l’efficacité et la transférabilité de pratiques de formation à la lumière des théories « humanistes-caring » en sciences infirmières et des pédagogies conatives, humanistes et critiques en sciences de l’éducation.
Dans les facultés et les établissements d’enseignement supérieur qui forment les futurs professionnels infirmiers, il est fréquent que les enseignants soient eux-mêmes des professionnels de la santé. Ceux-ci ont été initialement formés à la pratique clinique et nombre d’entre eux ont exercé dans les milieux de soins avant de réorienter leur carrière vers l’enseignement. Toutefois, tous n’ont pas bénéficié d’une formation en pédagogie universitaire. En outre, il arrive que ces enseignants novices soient chargés de cours sans avoir eu l’occasion de développer leurs compétences en enseignement préalablement à leur entrée en fonction. Enfin, dans certains programmes, il est fréquent de faire appel à des professionnels de la santé à titre d’experts dans leur domaine clinique pour occuper des fonctions d’enseignants contractuels, sans que ceux-ci aient de formation pédagogique. Cet état de fait peut générer chez eux des maladresses, de l’inconfort et du stress, ce qui ne permet pas une expérience d’apprentissage optimale pour les étudiants. Comment favoriser la qualité des enseignements et le bien-être au travail des enseignants novices en sciences de la santé? Il paraît nécessaire que ceux-ci aient l’occasion de s’initier à la pédagogie universitaire en étant accompagnés, et aussi qu’ils puissent poursuivre leur développement professionnel en la matière. Dans ce cadre, encourager le partage des savoirs expérientiels d’enseignants experts avec l’ensemble de la communauté professionnelle des enseignants en sciences de la santé peut aussi contribuer à plus d’expertise individuelle et collective. Quels sont les constats et les expériences en la matière dans différents pays francophones? Quelles sont les recherches réalisées sur le sujet? Quelles innovations les enseignants en sciences de l’éducation et en sciences infirmières mettent-ils en œuvre pour soutenir le développement professionnel de leurs pairs?
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