Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Étienne Rivard : Université de Saint-Boniface
S’appuyant sur une approche « prémigratoire », notre propos vise à évaluer le rôle des imaginaires géographiques dans le parcours migratoire des immigrants, et plus largement, dans le système migratoire francophone à l’échelle des Amériques. Cette évaluation repose sur les données préliminaires d’une enquête par questionnaires qualitatifs que nous menons et qui examine, à partir d’une population brésilienne en mesure de parler français, la place qu’occupent les communautés francophones en situation minoritaire (CFSM) au Canada dans l’idée que se font les Brésiliens de l’espace francophone, au niveau mondial comme à l’échelle continentale. Notre hypothèse est double : d’une part, nous anticipons une faible présence des CFSM dans cet imaginaire surtout en comparaison avec celle du Québec; d’autre part, nous soupçonnons que les efforts de recrutement consentis par le Québec au cours des dernières décennies dans les pays latino-américains – efforts qui n’ont pas de correspondance au sein des CFSM – puissent avoir un rôle à jouer dans la construction de l’imaginaire géographique brésilien. Ultimement, nos recherches questionnent indirectement un autre imaginaire géographique, celui des communautés francophones minoritaires, lesquelles voient rarement le Brésil comme un bassin potentiel d’immigrants « francophones ».
Dans quelle mesure l’espace francophone international — caractérisé par une riche diversité culturelle, démographique, politique, géographique, linguistique et historique — constitue-t-il un système migratoire qui se distingue par des dynamiques de mobilités humaines (internes, régionales, internationales) particulières ?
Ce colloque aura comme objectif de réfléchir à cette question par l’analyse des diverses formes de mobilité, des facteurs qui les influent et des conséquences qu’elles engendrent tant dans les sociétés d’origine, de transit, de destination que de retour. Les disparités économiques entre les pays francophones, les occasions d’emploi divergentes et les niveaux de vie contrastés sont des moteurs majeurs de la migration. Les conflits, l’instabilité politique, les violations des droits de l’homme et les régimes autoritaires dans certains pays francophones du Sud incitent également à l’exode vers les pays du Nord. Les inégalités, la discrimination et les pressions sociales, en particulier pour les groupes vulnérables, ainsi que les catastrophes naturelles et les changements climatiques, engendrent aussi des déplacements parfois forcés.
Devant ces dynamiques, les migrations représentent des occasions et des bénéfices démographiques et économiques significatifs tout en soulevant des défis sociaux majeurs à la fois pour les pays d’accueil que pour les pays d’origine. La compréhension approfondie de ces implications complexes et parfois paradoxales est essentielle dans l’analyse interdisciplinaire des mobilités humaines en général, mais en particulier au sein de l’espace francophone international afin de mettre en lumière les forces structurelles à l’œuvre que les expériences vécue sur le plan tant macro (histoires (post)coloniales, économie mondiale, relations géopolitiques) que méso (diasporas, liens transnationaux) et micro (l’agentivité des individus et des ménages). Une perspective holistique est donc cruciale pour le développement de politiques efficaces en matière d’immigration, d’intégration et de développement, dans le respect des spécificités culturelles et des réalités socioéconomiques de cet espace dynamique.
Le colloque abordera ces enjeux selon trois axes :
Titre du colloque :