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Que reste-t-il de moi après #MoiAussi : quand les anecdotes ne sont pas de simples anecdotes — Récits autoethnographiques de socialisation aux féminismes.

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Annie-Claude Bergeron : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Dans le cadre de mon mémoire, j’ai exploré comment le #MoiAussi est venu modifier la perception que j’avais de certains événements qui se sont produits dans ma vie en leur attribuant un sens nouveau. De fait, le dialogue ouvert au sujet des violences sexuelles m’a permis de recadrer ce que je croyais « anecdotique » et « personnel » dans un contexte plus grand, et d’ainsi prendre conscience des violences sexuelles vécues à l’adolescence et au début de l’âge adulte. Ancrée dans une démarche autoethnographique, cette démarche permet d’informer sur les réalités liées à la violence sexuelle, principalement lorsqu’elle est vécue à l’adolescence et lorsque la prise de conscience arrive plus tard dans la vie. En effet, à ce moment-là, que reste-t-il de nous même? Dans un premier temps, j’explore le choc identitaire que cause la prise de conscience de la position de « victime » alors que le narratif que l’on s’est toujours raconté à propos de nous-même est en rupture complète avec la réalité. Plus tard, j’observe la question du désir ou non de dénoncer et des options qui s’offrent à une personne qui réalise l’ampleur des violences vécues et des traumas qui continuent de l’habiter. En somme, c’est la richesse de l’approche autoethnographique que je souhaite mettre de l’avant en ce qui concerne la recherche sur les violences sexuelles, puisqu’elle permet d’accéder aux expériences intimes, aux discours qui se situent dans les marges et aux intersections de différentes oppressions.

Résumé du colloque

Longtemps passée sous silence, la problématique des violences à caractère sexuel (VACS) suscite une préoccupation et un intérêt publics et scientifiques croissants depuis quelques années. En fait, « même si l’agression sexuelle est toujours l’un des crimes les moins souvent signalés aux services policiers, soit dans moins de 5 % des cas (Perreault, 2014), les campagnes récentes dans les médias sociaux (p. ex., #AgressionNonDénoncée, #MoiAussi, #etmaintenant) semblent avoir eu un impact positif à ce niveau » (Morin et al., 2021, p. 223). Tout comme Kelly (1988), nous définissons les VACS comme un phénomène social s’inscrivant dans un continuum qui englobe une diversité d’actes à caractère sexuel sans se limiter uniquement à ses formes criminelles. La notion de consentement est en effet la pierre angulaire dans la compréhension des VACS.

Ce colloque s’inscrit dans les objectifs de la Chaire de recherche du Canada, Violence sexuelle, prévention et intervention, qui vise : 1) la compréhension des VACS en tenant compte de réalités particulières dans une perspective féministe intersectionnelle; 2) la prévention et l’intervention en coconstruisant avec les intervenant·e·s des milieux de pratique, des expert·e·s de vécu et les chercheur·se·s des outils de prévention et d’intervention centrés sur les expériences et les besoins des protagonistes; et enfin 3) la transformation du système et la défense des droits dans l’optique d’assurer un meilleur accès à la justice pour les victimes de VACS.

Ces deux journées de colloque seront consacrées à la présentation des recherches portant sur les VACS en couvrant un ensemble de réalités particulières, dont la recherche, le partage de campagnes et de formations des milieux pratiques ainsi qu’une table ronde remue-méninges à la fin de la journée. Cette dernière servira à dresser la liste des pistes de solutions en vue de développer un avis s’adressant aux instances décisionnelles et politiques ainsi que de nourrir les luttes pour l’élimination des VACS.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 16 mai 2024

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