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Denis Bolduc : Université de Sherbrooke
Au sein des sciences sociales, la préférence pour les données probantes, souvent issues de méthodes quantitatives, par rapport à d'autres formes de preuves (p. ex., études qualitatives ou narratives) soulève des questions sur la construction de la connaissance (Mertens, 2014). Ce travail interroge cette ségrégation méthodologique et épistémologique, s'inspirant des réflexions d'Orsi (2016) sur les méthodes en études religieuses.
L'objectif est de clarifier les distinctions entre données probantes et autres formes de preuves (Sackett et al., 1996) et d'examiner les présomptions épistémologiques derrière la primauté des données probantes (Longino (2002; Kuhn, 2012). L'approche de Flyvbjerg (2001) sur les études de cas qualitatives est utilisée comme illustration.
La méthodologie adopte une revue systématique de la littérature pour explorer les cadres épistémologiques en sciences sociales (Berthelot, 2012; Creswell & Poth, 2017), examinant le rationnel des différents types de preuves (Schwandt et al., 2007).
Les résultats préliminaires indiquent une préférence pour les cadres positivistes et une sous-valorisation des perspectives constructivistes ou interprétatives, limitant la compréhension des phénomènes sociaux complexes.
La discussion appelle à un dialogue plus inclusif sur la signification de la preuve en sciences sociales, visant à déconstruire les présomptions épistémologiques et encourager une appréciation équilibrée des différentes formes de preuves.
Les sciences sociales et humaines sont un monde riche et diversifié de pratiques dans lequel de nombreux débats questionnent notre rapport aux techniques de la recherche. Que ce soit concernant les débats relatifs aux questions sur l’objectivité en recherche, sur la scientificité des disciplines dites plus pures ou plus molles, sur la reconduction du dualisme opposant les méthodes quantitatives aux méthodes qualitatives ou encore sur les débats opposant herméneutes et méthodologues, les enjeux méthodologiques et épistémologiques qui traversent les sciences humaines et sociales demeurent des réflexions incontournables dans la formation des futur·e·s chercheur·se·s, et ce, peu importe la discipline. Dans ce contexte, trois enseignant·e·s du programme de Techniques de recherche et de gestion de données du Collège de Rosemont proposent d’aborder ces enjeux par l’entremise d’une approche positive visant la valorisation de la diversité des pratiques en recherche afin de se détacher de ces oppositions, tout en réfléchissant à la manière de replacer les objets d’étude au centre de nos intérêts de recherche afin de valoriser les techniques de recherche en tant que coffre à outils et non comme un camp où se positionner. Pour l’exercice, nous souhaitons convier des personnes (chercheur·se·s et étudiant·e·s) à venir présenter des projets de recherche qui valorisent des cadres méthodologiques originaux, innovants, mixtes, hybrides (sur le plan tant des méthodes que des disciplines) dans le but de promouvoir les techniques de recherche sociale en tant que pratiques favorisant la créativité et l’innovation sociale. Cette journée d’échanges propose de mettre de l’avant l’audace méthodologique et la rigueur de la méthode, où la méthodologie de recherche est conçue comme permettant de rendre compte des phénomènes sociaux de manière rigoureuse tout en laissant un espace à la pensée critique.
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