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Virginie Ruppin : Laboratoire DAM Didactique des arts et du mouvement Université de Genève
Un projet interdisciplinaire d’un établissement du secondaire approfondit la question socialement vive articulant la justification des constructions des HBM (habitations bon marché), concentrées dans certaines banlieues de grandes villes françaises (Carrel & Neveu, 2014), aux valeurs véhiculées et au ressenti de leurs habitants, en cours d’histoire-géographie. Après une balade urbaine avec le professeur d’histoire-géographie, les élèves sont amenés à réfléchir leur espace et à le re-créer en cours d’arts plastiques, en passant par des médiums successifs (dessin, volume, numérique). Dans quelle mesure la démarche prospective peut-elle permettre d’articuler la prise en compte de l’espace environnant de l’élève, la perception sensible de son territoire habité (ses préférences et ses craintes) à la création d’un nouveau quartier imaginé par l’élève, en arts plastiques ? La méthodologie a consisté en l’analyse de contenu des entretiens des élèves et de leurs productions, et à l’élaboration d’outils didactiques communs aux disciplines. L’expérimentation permet de mettre au jour les effets de ce dispositif, notamment l’enjeu de créer pour éduquer (Ruppin, Safadi, 2022), de s’approprier un nouveau territoire dans une démarche prospective (Vidal, 2015), de réinventer une histoire (De Certeau, 1990), et dévoile la conscience anthropocène des élèves. Cette production plastique, réflexive, sensible, serait ainsi un vecteur de valeurs sociétales et citoyennes pour un avenir viable.
La recherche montre que les arts et la littérature permettent de réaliser une analyse critique de phénomènes ou d’enjeux de nature écosociale (écoféminisme, antiracisme, justice environnementale), tout en esquissant des pistes de solution empreintes de la créativité caractéristique du domaine artistique.
Cette 5e édition est l’occasion de créer un espace pour la diffusion des résultats de recherche visant ce questionnement et d’ouvrir les débats dans un contexte plus large, en invitant à partager leur expertise des chercheur·ses de domaines connexes à l’éducation : sciences sociales, ethnographie, anthropologie, études autochtones et/ou travail social. Nous nous appuyons sur la notion d’éducation citoyenne pour un avenir viable (Gilbert et Boutet, 2022) pour explorer les questions suivantes :
1) Que propose la recherche touchant les arts et la littérature comme approche actualisée d’émancipation sociétale? 2) Quels sont les angles morts dans la pratique des intervenant·e·s du milieu culturel dans l’accompagnement des jeunes en vue d’une éducation « transformatoire » (Dovidio, Glick et Rudman, 2005)? 3) Comment évolue « la conscience anthropocène » des jeunes à l’ère de la toute-puissance technologique (Pruneau et al., 2016), alors qu’ils se trouvent progressivement déconnectés des milieux naturels au profit d’une connexion plus forte aux univers numériques? 4) De quelle manière s’expriment les zones de tension entre « l’être » et « l’avoir », soit la gestion de nos rapports individuels et collectifs à l’environnement et l’impact de la qualité de ce lien sur la viabilité de notre avenir, notamment sur le plan « éco-nomique » (Sauvé, 2009)? 5) Quels sont les cadres de référence (idéologiques, culturels, étatiques, politiques, communautaires) qui influencent l’action éducative et, en conséquence, influencent les « affaires humaines » (Cochet, 2018) : la solidarité, l’identité, l’altérité, l’équité, les échanges, les valeurs...
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