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Rêve ou autre modalité de la mémoire involontaire dans le roman proustien

YY

Membre a labase

Yaejin Yoo : Yonsei University

Résumé de la communication

Les récits de rêve dans À la recherche du temps perdu ont fait l’objet de nombreuses recherches dont l’approche va de la critique psychanalytique à celle de la philosophie, en passant par une dimension proprement narratologique. À travers cette étude nous voudrons ajouter une autre touche dans ce vaste chantier d’analyse des rêves proustiens en essayant d’y relever un parallèle avec le mécanisme de la mémoire involontaire. Nous pensons que les éléments constitutifs et le processus du fonctionnement de la mémoire involontaire se trouvent transposés dans certains rêves dans la Recherche. Mise en avant par l’auteur comme ayant seule « la griffe d’authenticité », la mémoire involontaire est caractérisée par un phénomène anti-intelligent, la modification de l’habitude, la sensation d’un passé retrouvé dans une circonstance toute autre, enfin le sentiment d’une « essence précieuse ». Or ces éléments propres à la mémoire involontaire sont observables en particulier dans le tout premier récit du roman. Le bouleversement de la temporalité ressenti par dilatation ou au contraire par abolition de la durée, la confusion de la spatialité, enfin un plaisir profond sans causalité apparente se rejoignent tous pour tracer des liens parallèles entre ce rêve au seuil du roman et la mémoire involontaire. Cela nous ramène à considérer l’une des fonctions du rêve dans la Recherche comme une autre modalité de la mémoire involontaire si chère à Proust.

Résumé du colloque

Les marges de nos carnets se peuplent d’idées et de sujets possibles –- ceux que nous ne ferons pas, que nous n’aurons pas le temps de faire —, et qui exercent et exerceront toujours une pression contre : les sujets que l’on ne creuse pas, qui restent à l’état de piste, nous fascinent et nous paraissent d’autant plus désirables que nous travaillons à autre chose.

Dans quelle relation sont l’accompli et l’inaccompli dans la pratique du chercheur en poésie ? En quoi les sujets notés dans nos marges influencent-ils le sujet présent, auquel on travaille, quelle pression exercent-ils ? Cette démarche elle-même, cette pratique de la pensée n’a-t-elle pas un lien intime avec la poésie ?

La pensée libre se déploie souvent par bonds capricieux, qui ne répondent ni aux impératifs ni aux intérêts. Et il se trouve que quiconque pratique cette pensée libre sort de son expertise pour se pencher, comme en aparté, sur des idées, des plans, des projets imprévisibles et informes. La rêverie ne peut-elle pas profiter de cette mise en lumière pour réaffirmer son droit d’exister au premier chef ? Si cette affirmation manque, nous voulons y pallier en lui donnant deux caractères, à la fois distincts et fortement liés : le poétique et le savant. Entre les démarches du savant et du poète un fil infaillible les saisit tous deux dans le même horizon, soit d’explorer et, pour cela, dépasser (sans lui tourner le dos) le monde connu. Le savant et le poète ont un même regard porté vers l’à-venir et, au-delà d’un certain point, n’ont plus besoin d’attendre une confirmation du monde actuel pour que la rêverie s’engage et réponde d’elle-même, dans la phase d’invention où elle cherche ailleurs ce qui peut convenir ici, maintenant. C’est entre autres ce que montrent les travaux de Judith Schlanger, d’Isabelle Stengers et de Jean-Pierre Bertrand.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
news icon Thème du colloque :
Rêveries poétiques et savantes
section icon Date : 16 mai 2024

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Titre du colloque :

Rêveries poétiques et savantes

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