Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Stefan Ioan Bodea : Université de Genève
Cette contribution s’organise autour d’un enseignement en arts visuels, dispensé par un étudiant en formation initiale auprès de collégiens genevois de 2ème année, et orienté par la problématique de la sémiotisation, à l’intention des générations futures, de la dangerosité du site d’Onkalo destiné à enfouir des déchets radioactifs qui restent nocifs pour au moins cent mille ans. Les élèves doivent créer, en dessin au fusain, une atmosphère hostile signifiant à la fois le danger et l’inquiétude. Comment les référents convoqués -en tant que sources spécifiques de connaissance (Darsel & Pouivet, 2008), de nature technico-sémiotique (Alava & Etévé, 1999) – influent-ils sur les productions des élèves ? La diversité de leurs productions et l’écart constaté entre celles-ci et les attentes du stagiaire amènent à interroger la manière dont les élèves sont amené.es à construire leurs démarches plastiques. En analysant l’agir enseignant dans le cadre conceptuel de la théorie de l’action conjointe professeur-élève (Sensevy & Mercier, 2007) et dans une approche clinique-expérimentale des faits didactiques (Leutenegger, 2009), nous essayons de montrer ici le rôle que peut jouer, en formation initiale, l’analyse a priori des tâches pour l’outillage des acteurs de la situation didactique. Nous essayons de montrer par ailleurs en quoi l’œuvre est susceptible de contribuer, dans notre cas, à approfondir la problématique environnementale (voir à ce propos Morel, 2022, Morel & Fafard, 2023).
La recherche montre que les arts et la littérature permettent de réaliser une analyse critique de phénomènes ou d’enjeux de nature écosociale (écoféminisme, antiracisme, justice environnementale), tout en esquissant des pistes de solution empreintes de la créativité caractéristique du domaine artistique.
Cette 5e édition est l’occasion de créer un espace pour la diffusion des résultats de recherche visant ce questionnement et d’ouvrir les débats dans un contexte plus large, en invitant à partager leur expertise des chercheur·ses de domaines connexes à l’éducation : sciences sociales, ethnographie, anthropologie, études autochtones et/ou travail social. Nous nous appuyons sur la notion d’éducation citoyenne pour un avenir viable (Gilbert et Boutet, 2022) pour explorer les questions suivantes :
1) Que propose la recherche touchant les arts et la littérature comme approche actualisée d’émancipation sociétale? 2) Quels sont les angles morts dans la pratique des intervenant·e·s du milieu culturel dans l’accompagnement des jeunes en vue d’une éducation « transformatoire » (Dovidio, Glick et Rudman, 2005)? 3) Comment évolue « la conscience anthropocène » des jeunes à l’ère de la toute-puissance technologique (Pruneau et al., 2016), alors qu’ils se trouvent progressivement déconnectés des milieux naturels au profit d’une connexion plus forte aux univers numériques? 4) De quelle manière s’expriment les zones de tension entre « l’être » et « l’avoir », soit la gestion de nos rapports individuels et collectifs à l’environnement et l’impact de la qualité de ce lien sur la viabilité de notre avenir, notamment sur le plan « éco-nomique » (Sauvé, 2009)? 5) Quels sont les cadres de référence (idéologiques, culturels, étatiques, politiques, communautaires) qui influencent l’action éducative et, en conséquence, influencent les « affaires humaines » (Cochet, 2018) : la solidarité, l’identité, l’altérité, l’équité, les échanges, les valeurs...
Titre du colloque :