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Mandarine Hugon : Université d'Orléans
Enjeu fort pour l’Éducation Nationale française, la construction du citoyen est au cœur des missions de l’école (Audigier, 2005). Développer la pensée critique permettrait l’adoption d’une posture citoyenne et l’ancrage de valeurs et d’attitudes démocratiques (Aways & Darbellay, 2017; Muller et al., 2015). Néanmoins, cette compétence est difficilement appréhendée par les équipes éducatives (Bois et al., 2021). Deux leviers favorisant la transformation des pratiques et l’acquisition de connaissances chez les individus font l’objet de cette recherche : les projets artistiques (Puozzo, 2013; Valentina, 2006) et la recherche participative (Bensaude-Vincent, 2010; Storup et al., 2013). L’objectif est d’identifier les apports et limites d’une recherche participative réalisée avec les élèves de lycée général (France) autour de la médiation par le théâtre de savoirs issus des neurosciences sur l’impact de l’environnement sur le développement cérébral : en quoi le partenariat artistes-chercheurs-enseignants peut-il faire émerger la pensée critique ? Les analyses quantitatives et qualitatives des 64 questionnaires recueillis auprès des lycéens, et 5 observations de séances, montrent des différences d’attitudes, notamment réflexive, chez les élèves en fonction de leurs représentations des différents partenaires et de leurs interactions avec eux. Ces résultats nous amèneront à formuler des propositions éducatives pour le développement citoyen des élèves et favoriser l’agentivité.
La recherche montre que les arts et la littérature permettent de réaliser une analyse critique de phénomènes ou d’enjeux de nature écosociale (écoféminisme, antiracisme, justice environnementale), tout en esquissant des pistes de solution empreintes de la créativité caractéristique du domaine artistique.
Cette 5e édition est l’occasion de créer un espace pour la diffusion des résultats de recherche visant ce questionnement et d’ouvrir les débats dans un contexte plus large, en invitant à partager leur expertise des chercheur·ses de domaines connexes à l’éducation : sciences sociales, ethnographie, anthropologie, études autochtones et/ou travail social. Nous nous appuyons sur la notion d’éducation citoyenne pour un avenir viable (Gilbert et Boutet, 2022) pour explorer les questions suivantes :
1) Que propose la recherche touchant les arts et la littérature comme approche actualisée d’émancipation sociétale? 2) Quels sont les angles morts dans la pratique des intervenant·e·s du milieu culturel dans l’accompagnement des jeunes en vue d’une éducation « transformatoire » (Dovidio, Glick et Rudman, 2005)? 3) Comment évolue « la conscience anthropocène » des jeunes à l’ère de la toute-puissance technologique (Pruneau et al., 2016), alors qu’ils se trouvent progressivement déconnectés des milieux naturels au profit d’une connexion plus forte aux univers numériques? 4) De quelle manière s’expriment les zones de tension entre « l’être » et « l’avoir », soit la gestion de nos rapports individuels et collectifs à l’environnement et l’impact de la qualité de ce lien sur la viabilité de notre avenir, notamment sur le plan « éco-nomique » (Sauvé, 2009)? 5) Quels sont les cadres de référence (idéologiques, culturels, étatiques, politiques, communautaires) qui influencent l’action éducative et, en conséquence, influencent les « affaires humaines » (Cochet, 2018) : la solidarité, l’identité, l’altérité, l’équité, les échanges, les valeurs...
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