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Dan Lecocq : Université du Luxembourg
Introduction: Des chercheurs belges ont exploré les obstacles et les leviers relatifs à la mise en œuvre et à la pérennisation de dispositifs pédagogiques innovants (DiPI) développés pour répondre aux besoins des acteurs de la première ligne d’aide et de soin au sein de programmes de formation initiale de professionnels de santé et du social dans l’enseignement supérieur. Méthode: Une approche qualitative descriptive a été utilisée: des entretiens semi-dirigés ont été réalisés auprès d’enseignants. Leur contenu a fait l’objet d’une analyse thématique. Résultats: Les chercheurs ont pu identifier 8 thèmes qui décrivent les conditions à la pérennisation d'un dispositif pédagogique innovant: 1/s'appuyer sur d'autres initiatives pour se renforcer; 2/avoir les moyens de ses ambitions; 3/communiquer de façon transparente pour emporter l'adhésion; 4/pouvoir compter sur des personnes soutenantes; 5/être porté par des valeurs et de l'enthousiasme partagés; 6/"faire son trou" dans le programme et être reconnu; 7/collaborer avec de nouveaux acteurs et 8/résister aux impondérables. Discussion: Ces résultats sont congruents avec la littérature scientifique à propos des innovations pédagogiques en général, et avec le concept d’environnement capacitant en particulier. Conclusion: Cette étude met en lumière des points d’attention pour développer des DiPI pérennes au sein des programmes de formation initiale des futurs professionnels de santé et du social dans l’enseignement supérieur.
Dans les facultés et les établissements d’enseignement supérieur qui forment les futurs professionnels infirmiers, il est fréquent que les enseignants soient eux-mêmes des professionnels de la santé. Ceux-ci ont été initialement formés à la pratique clinique et nombre d’entre eux ont exercé dans les milieux de soins avant de réorienter leur carrière vers l’enseignement. Toutefois, tous n’ont pas bénéficié d’une formation en pédagogie universitaire. En outre, il arrive que ces enseignants novices soient chargés de cours sans avoir eu l’occasion de développer leurs compétences en enseignement préalablement à leur entrée en fonction. Enfin, dans certains programmes, il est fréquent de faire appel à des professionnels de la santé à titre d’experts dans leur domaine clinique pour occuper des fonctions d’enseignants contractuels, sans que ceux-ci aient de formation pédagogique. Cet état de fait peut générer chez eux des maladresses, de l’inconfort et du stress, ce qui ne permet pas une expérience d’apprentissage optimale pour les étudiants. Comment favoriser la qualité des enseignements et le bien-être au travail des enseignants novices en sciences de la santé? Il paraît nécessaire que ceux-ci aient l’occasion de s’initier à la pédagogie universitaire en étant accompagnés, et aussi qu’ils puissent poursuivre leur développement professionnel en la matière. Dans ce cadre, encourager le partage des savoirs expérientiels d’enseignants experts avec l’ensemble de la communauté professionnelle des enseignants en sciences de la santé peut aussi contribuer à plus d’expertise individuelle et collective. Quels sont les constats et les expériences en la matière dans différents pays francophones? Quelles sont les recherches réalisées sur le sujet? Quelles innovations les enseignants en sciences de l’éducation et en sciences infirmières mettent-ils en œuvre pour soutenir le développement professionnel de leurs pairs?
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