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Un modèle inspirant de communauté nourricière : Mon panier bio Guadeloupe

RD

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Régine Dondon-Zou : Université des Antilles

Résumé de la communication

Mon panier bio Guadeloupe a commencé son activité en 2006 à partir d’une exploitation, puis à partir de 2009, d’un ensemble d’agrosystèmes de polyculture ou polyculture-élevage. Le réseau englobe à ce jour 82 exploitations de l’archipel Guadeloupe. Les pratiques rapportées sont agro-écologiques selon les référentiels européens et les caractérisations de la petite agriculture familiale locale. Elles émargent aussi à l’agriculture biologique selon le cahier des charges français. Dans un contexte antillais marqué par une pollution durable aux pesticides organochlorés, afficher une traçabilité des produits et en garantir la salubrité par le label AB est une stratégie paradoxalement peu mobilisée jusqu’alors. La structure a mis en place un volet pédagogique consistant en l’acculturation des clients à des savoirs naturalistes et culinaires portant sur ces espèces végétales anciennes ou oubliées proposées dans les paniers. Le moyen mis en œuvre est la transmission dématérialisée de fiches traçabilité mentionnant l’identité du végétal, sa photo, ses usages culinaires et pharmacologiques. Parallèlement s’est mise en place une campagne "zéro déchets" : les clients sont fournis en cabas réutilisables fournis par le partenaire Parc national de la Guadeloupe, et sont invités à ramener les contenants. Cette communication vise à analyser la démarche de la gérante, ainsi que la réception du projet pédagogique par les clients. L’investigation se fera par le biais d’un entretien et de questionnaires. Il s’agit de comprendre le modèle singulier de communauté nourricière mis en exergue, ainsi que les impacts sur celles et ceux qu’elle nomme ses "clients militants".

Résumé du colloque

L’Agenda 2030 de l’ONU montre clairement que la transition vers des systèmes alimentaires écologiquement, socialement et économiquement durables est une nécessité pour atteindre le développement durable (ONU, 2015). Or, selon le rapport intitulé L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, tout porte à croire que l’Objectif de développement durable n° 2 – éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable – ne sera pas atteint d’ici à 2030 (FAO, FIDA, UNICEF, PAM et OMS, 2021). La sécurité alimentaire fait référence à « un état selon lequel les populations ont accès en tout temps, dans la dignité, à suffisamment d’aliments pour pouvoir mener une vie saine et active » (Hamelin et Bolduc, 2003, p. 58). La COVID-19 et la guerre en Ukraine ont fragilisé les systèmes d’approvisionnement et les filières agricoles. Plusieurs pays font actuellement face à des problèmes d’accès à l’alimentation. Les liens d’interdépendance entre agriculture et sécurité alimentaire, d’une part, et enjeux globaux du climat et biodiversité, d’autre part (Le Grix, 2021), démontrent la nécessité de mettre en place des systèmes alimentaires résilients aux échelles locales pour faire face aux défis actuels et ceux qui pourraient survenir dans l’avenir.

Différentes organisations publiques, citoyennes et/ou communautaires ont ainsi adopté des démarches ou des stratégies invitant les acteurs territoriaux à relocaliser la production alimentaire au service des communautés. Ces dernières s’engagent dans un processus de coconstruction en faveur de la sécurité alimentaire pour augmenter la production et la consommation d’aliments locaux en passant par le développement du sentiment d’appartenance et une appropriation de l’espace public.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
Discutant-e- de la session : Régine Dondon-Zou
section icon Date : 16 mai 2024

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