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Marianne St-Onge : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les milieux adaptés de scolarisation (MAS) répondent aux besoins d’élèves en situation de vulnérabilité au plan socioscolaire, ayant décroché du système éducatif régulier et se retrouvant sans diplôme ni qualification (Vidal, Grossmann et Bourdon, 2022; Vidal, Archambault, St-Onge et Trudeau, 2020). Afin de trouver des méthodes alternatives favorisant le raccrochage et la persévérance scolaires, un projet d’ateliers mobilisant les arts a été mis en place avec un MAS. La présentation exposera ce qui se joue dans ces ateliers dont l’objectif est articulé autour du développement des compétences des domaines du développement personnel et des langues du Programme de formation de l’école québécoise (Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, 2007).
La création des ateliers s’est appuyée sur les principes de l’art comme vecteur de prise de conscience (Masquelier-Savatier, 2017; Perls, 2003), et comme levier pour favoriser la mise en action (Gérin et Plante, 2015; Gérin, 2015) et le pouvoir de transformation (Duchastel, 2016). Il s’agit d’une étude de cas ethnographique (Merriam, 1998) qui a été réalisée dans un MAS (École Félix-Antoine) où deux groupes d'élèves (20 au total) ont suivi entre 8 et 10 ateliers durant les hivers 2022 et 2023. La présentation se terminera sur les résultats de l’étude, notamment sur les compétences socioscolaires développées et l’influence des ateliers sur la capacité de reprise en main des élèves.
Ce colloque, organisé par l’UQAM en collaboration avec l’UQTR, l’Université de Bordeaux et le groupe de recherche EFE, se penche sur les défis rencontrés par les élèves marginalisés au secteur de l’éducation des adultes. Ces défis sont multiples et complexes, allant de la précarité socioéconomique (Charlebois, 2018), des enjeux professionnels (Supeno et Bourdon, 2017), aux besoins particuliers (Lemire, 2011), en passant par la monoparentalité (Pelletier, 2022) et le processus migratoire (Villemagne, 2014). Nous nous intéressons aux dispositifs déployés pour accompagner ces adultes, tant en milieu institutionnel (centres d’éducation des adultes) que communautaire (organismes communautaires et milieux adaptés de scolarisation).
Ancrée au cœur de cette réflexion, l’approche globale s’éloigne de la focalisation sur les caractéristiques individuelles comme cause principale des difficultés. Elle s’incarne dans une perspective multiréférentielle (Ardoino, 2000) qui considère que les difficultés sont autant le résultat des épreuves sociales (Martucelli, 2011) que scolaires (Roiné, 2020). Cette approche étudie la complexité des parcours atypiques des personnes apprenantes en difficulté (Grossmann et al., 2014) et considère les situations menant à leur échec (Gardou, 2006), notamment l’organisation en vase clos des interventions prodiguées (Vidal et St-Onge, 2020).
Dans cette optique, ce colloque représente une occasion précieuse de réfléchir de manière interdisciplinaire aux différents dispositifs pédagogiques, didactiques, d’intervention sociale, etc., déployés auprès des élèves marginalisés au secteur de l’éducation des adultes. Les personnes participantes partagent une sensibilité commune pour les contextes, les situations et les actrices et acteurs sociaux, appréhendée selon une perspective clinique et non déficitaire. Leur réflexion s’articule autour de trois axes complémentaires : 1) les élèves; 2) les intervenantes et intervenants; et 3) les organisations.
Titre du colloque :