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Bilkis Vissandjee : Université de Montréal
La pratique des mutilations génitales féminines (MGF/E), bien que principalement documentée dans certains pays d'Afrique subsaharienne, a également été constatée au sein de populations au Moyen-Orient et en Asie, notamment en Inde. Cette pratique constitue un défi en santé mondiale impliquant des dimensions juridiques et éthiques complexes. Les discours nationaux au Canada et en Europe doivent prendre en compte les défis interconnectés de la transnationalisation, de l'immigration internationale et des problématiques liées à l'intégration progressive dans les sociétés hôtes. Au Canada et en Europe, une diaspora croissante provient de pays où cette pratique est estimée à une prévalence élevée et moyenne.
L'objectif de la discussion est de partager les résultats d'une revue de la portée visant à comprendre l'intégration des dimensions éthiques et légales de cette pratique dans les ressources en santé et en santé publique des pays d'accueil de l'immigration. L'analyse est guidée par les principes des droits fondamentaux de la personne, des interventions en contexte interculturel, du respect de la déontologie professionnelle, de l'impératif de la collaboration multidisciplinaire et intersectorielle, notamment de l'apport de l'expertise juridique.
Les résultats mettent en lumière des enjeux de justice sociale et soulignent la nécessité de garantir des soins de santé et un soutien juridique respectueux, éthiques, et équitables pour les femmes vivant avec une MGF/E au Canada.
La santé mondiale est un champ de recherche et de pratique qui vise l’amélioration de la santé et l’équité en santé pour tous les peuples (Koplan et al., 2009). Elle s’inscrit dans une perspective interdisciplinaire et intersectorielle, et considère que les problématiques, les déterminants et les solutions en santé transcendent les frontières. Si cette définition est connue, la diversité des pratiques et des lieux de pratique l’est moins, d’où l’importance de connaître et de reconnaître la santé mondiale par ses pratiques.
Par ailleurs, certains défis et enjeux sont particulièrement saillants en santé mondiale, dont les trois qui seront abordés dans le cadre de ce colloque : 1) la complexité de la mise à l’échelle des interventions développées dans différents contextes met en évidence le difficile équilibre entre la nécessité que les interventions réussies dans un contexte puissent profiter à d’autres populations et le respect des particularités locales; 2) la difficulté de pérenniser les interventions, particulièrement dans les pays à revenu faible et intermédiaire, constitue une menace réelle à l’amélioration des indicateurs sociosanitaires dans ces pays et à l’efficacité de l’aide au développement; et 3) la gestion et le partage des données existantes issues de la recherche soulèvent des questions relatives à leur accès, leur utilisation et leur souveraineté, notamment en contexte de « numérisation du monde ».
C’est sous la thématique des Pratiques et enjeux en santé mondiale que les experts·e·s du groupe de travail sur la santé mondiale du Regroupement intersectoriel de recherche en santé de l’Université du Québec (RISUQ) et de l’Institut Santé et société, UQAM (ISS) proposent d’organiser un colloque visant à mieux connaître le champ contemporain de la santé mondiale.
Ce colloque sera l’occasion de partager des réflexions entourant la santé mondiale et certains enjeux qui la touchent. Il sera un lieu d’échanges et de discussions entre des chercheuses et chercheurs de formation et d’expertise diverses qui réalisent des recherches en santé mondiale dans les pays du Nord et du Sud. Les enjeux et défis soulevés mettront en lumière des questions contemporaines importantes en santé mondiale, d’autant plus que les études sur ces questions sont relativement récentes. Les trois grands thèmes du colloque, c’est-à-dire la mise à l’échelle, la pérennisation des interventions et le partage des données, sont encore mal définis, souvent étudiés séparément alors qu’ils s’interpellent mutuellement. On les considère souvent dans une perspective linéaire comme des étapes qui arrivent à la fin de la mise en œuvre d’un projet spécifique. En outre, les cadres qui existent sont souvent peu utilisés dans la pratique parce que difficiles à opérationnaliser. Enfin, l’accent mis sur les pratiques contribuera au partage d’outils pour interroger ces divers enjeux.
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