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Alexandre Deslauriers St-Jean : Centre de santé d'Opitciwan
Les personnes issues des Premières Nations comptent parmi les populations les plus à risque de développer un diabète de type 2. La faible atteinte des résultats de santé visés en matière de gestion du diabète chez cette population découle notamment des limites dans l’offre de soins et de services de santé qui ne tiendrait pas compte du contexte social et culturel de la personne autochtone ainsi que de ses préférences et des obstacles qu’elle rencontre pour reconnecter et intégrer ses ressources culturelles et ses pratiques traditionnelles de soins. Ceci peut notamment s’expliquer par le fait que l’intervention de soutien à l’autogestion repose davantage sur les lignes directrices sans toutefois considérer la conception de la santé (corps, esprit, âme et cœur) telle que conçue par la personne autochtone et ses environnements (social, politique, organisationnel et culturel). Cette communication visera d’une part à exposer les enjeux politiques, cliniques et organisationnels à considérer dans l’intervention de soutien à l’autogestion et d’autre part, comment les adresser pour créer un environnement favorable à la santé en mettant les valeurs et les préférences de la personne autochtone au premier plan.
Dans le contexte de l’évolution constante des défis de santé à l’échelle mondiale, il est essentiel de réviser nos approches en matière d’accompagnement et d’intervention éducative en santé (Nutbeam et Lloyd, 2021). Bien que des progrès aient été réalisés dans la compréhension des maladies et des facteurs de risque, les taux élevés de maladies infectieuses et chroniques restent préoccupants. Les modes de vie moderne et les systèmes sociaux et politiques contribuent à l’augmentation de ces maladies et à des taux de mortalité prématurée évitables (Feigin et al., 2022; Vaduganathan et al., 2022). Cette situation présente un défi majeur, en particulier pour le personnel soignant (Blaizot et al., 2023; Feigin et al., 2022). La révision des pratiques des systèmes de santé est impérative face à la montée des maladies chroniques non transmissibles. Ces systèmes doivent évoluer d’une orientation curative vers la prévention clinique et l’inclusion de l’éducation pour la santé simultanément avec la création et le renforcement d’environnements favorables à la santé (Blaizot et al., 2023; Nutbeam et Lloyd, 2021). Cette stratégie globale vise à promouvoir et à faciliter l’adoption de styles de vie sains pour prévenir l’apparition de maladies. Pour les citoyens, les personnes et les patients, l’objectif est non seulement de ne plus se concentrer uniquement sur la guérison d’une maladie aiguë, mais également sur la prévention, la gestion et l’adaptation à des maladies chroniques dans un environnement qui favorise les choix santé et le bien-être global (Blaizot et al., 2023; Nutbeam et Lloyd, 2021). Les stratégies d’intervention éducatives traditionnelles en santé peuvent ne pas suffire à atteindre des publics de plus en plus diversifiés, et même renforcer et créer des inégalités de santé (Crear-Perry et al., 2021; Kim, 2019). De plus, l’avènement des technologies numériques et des médias sociaux a considérablement modifié la manière dont les informations de santé sont diffusées et reçues par les citoyens (Chen et Wang, 2021; Farsi, 2021; Ohara, 2023). Cette problématique incite à se pencher sur des questions cruciales liées à la communication en santé, à la prise de décision partagée, à l’adaptation et à la sensibilité des interventions éducatives pour répondre aux besoins culturels, socioéconomiques et générationnels variés des populations (Bonilla, 2022; Ndengeyingoma et al., 2023) et sur des enjeux éthiques contemporains (Morley et al., 2020; Ntoumanis et al., 2021; Varkey, 2021).
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