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Venus Darius : Institut des Sciences des Technologies et des Etudes Avancées d'Haïti
Nous cherchons, à travers cette communication, à comprendre la motivation des Américains et Américaines, de 18 ans et plus, qui choisissent d’étudier le français à French Institute Alliance Française de New York (FIAF). Cette présentation trouve son fondement théorique dans des recherches et publications variées sur la motivation humaine, notamment en ce qui a trait à l’apprentissage du français langue seconde ou étrangère (Gagné et Popica, 2017; Legendre, 2005; Maslow, 1943). Pour réaliser la partie empirique ce travail, nous nous basons sur certaines questions ouvertes que nous posons régulièrement à nos apprenants et apprenantes, le premier jour de classe, concernant leur choix d’apprentissage du français. Du trimestre de printemps 2023 à celui d’hiver 2024, nous avons recueilli les avis de 25 participants et participantes dans quatre classes différentes, de niveaux A1, A2, B1 et B2, à raison d’une classe par trimestre. Après l’analyse thématique des réponses obtenues, nous retenons, par ordre d’importance, les thèmes de communication pendant les voyages, communication avec les proches francophones, communication dans le cadre professionnel, culture francophone et vivacité du cerveau comme étant les sources principales de motivation de ceux et celles qui se consacrent à l’apprentissage du français à FIAF. Après avoir mis en relation ces cinq sources de motivations, nous les résumons en deux concepts : l’amour et l’intérêt.
Au Canada, entre 1971 et 2021, la population déclarant le français comme langue première a diminué de 6,1 %, atteignant 21,4 % (Statistique Canada, 2022). Cette tendance met en lumière les enjeux sociolinguistiques auxquels sont confrontées les minorités francophones du Canada (au Nouveau-Brunswick, en Ontario, au Manitoba ou en Saskatchewan), et fait écho à d’autres francophonies marginales des Amériques (Gomes et al., 2022; Rivard, 2016). Parallèlement, les populations francophones majoritaires doivent elles-mêmes composer avec des minorités linguistiques, par exemple autochtones (Sioui, 2023) ou créoles (Anciaux et Molinié, 2017). Ainsi, dans un contexte pluriculturel où des mesures gouvernementales et des lois sont adoptées pour préserver la langue française, les francophonies doivent aussi considérer les enjeux que posent l’immigration, la mobilité (Bédard et Macià, 2018), l’éthique et l’inclusion (Doutreloux, 2020).
La francophonie éducationnelle joue un rôle primordial par rapport à ces enjeux. Elle englobe l’ensemble des initiatives et des projets éducatifs souhaitant cultiver un environnement propice à l’épanouissement du « vivre en français ». Elle s’inscrit dans les aspirations sociétales et mondiales contemporaines pour lesquelles la diversité, l’inclusion et l’adaptabilité constituent des valeurs tout autant que des impératifs fondamentaux (UNESCO, 2015).
Ces impératifs impliquent de grands défis. Comment valoriser le français en tant que langue d’enseignement dans un contexte plurilinguistique (Vaudrin-Charette, 2021)? Comment approcher de manière inclusive les difficultés en français des individus tout en maintenant la visée d’atteinte de compétences langagières de haut niveau, celles-ci étant essentielles au développement social et individuel (OCDE, 2013)? Enfin, comment l’éducation peut-elle contribuer à créer des environnements favorables au « vivre en français » dans les sphères qui lui sont connexes, que ce soit dans les domaines professionnel, politique ou culturel (Gouvernement du Québec, 2018)?
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