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Autochtonisation des musées d’art, entre accélération fulgurante et tensions.

DY

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Daphnée Yiannaki : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Dans les années 1980-90, les musées d’art canadiens se voient critiquer sur l’absence d’œuvres d’artistes contemporains autochtones dans leurs collections et expositions, et plus largement sur les représentations des communautés autochtones présentes dans ceux-ci. Alors qu’on note une médiatisation de l'enjeu depuis la publication du rapport de la Commission de vérité et réconciliation (CVR) en 2015, notamment grâce à l’appel à l’action n˚67 interpellant les musées et l’Association des musées canadiens (AMC) à agir pour la réconciliation, les forçant à se positionner dans ce processus, on remarque que les réponses des musées d’art à cette injonction de (ré)conciliation et d’inclusion sont multiples et parfois hétérogènes. Surtout, elles touchent différents pôles (gouvernance, collection ou exposition). Presque 10 ans après la sortie du rapport de la CVR, et 2 ans après la celle du guide Portés à l’action de l'AMC (2022), quelles sont les options choisies par les musées d’art pour contribuer à ce processus global ? Cette communication portera sur des exemples contribuant à l’autochtonisation qui ont émergé durant la dernière décennie dans les musées canadiens, identifiant les impacts des processus de décolonisation et d’autochtonisation sur leur fonctionnement. Certaines tensions se manifestent lors de ces processus, et il paraît pertinent de souligner son aspect complexe, pour mettre en avant l’équilibre délicat qui semble résulter de l’institutionnalisation de ces critiques.

Résumé du colloque

Maints analystes questionnent les biais constitutifs et la portée réelle de la muséologie comme champ disciplinaire qui, outre l’étude des activités de conservation et de présentation des objets de collection, vise une fine compréhension de l’organisation et de l’histoire de cette pratique ainsi que de la mission dont les musées s’investissent.

Les remises en cause de cette acception pavent la voie à « l’élaboration de nouveaux modèles d’expositions, la prise en compte d’histoires passées sous silence, la reformulation des systèmes de connaissances présentés aux publics, la réinvention des structures organisationnelles et des modèles de gestion ainsi que l’adaptation des musées au caractère multiculturel et interculturel des nations et des communautés » (Shelton, 2022). Les tirs croisés sur la muséologie concernent donc tant les approches privilégiées, les objets collectionnés, les récits élaborés que les rapports établis avec les publics et la société.

Ce colloque confronte ainsi les thèses issues des « contre-muséologies », parfois regroupées sous la bannière de nouvelle muséologie, selon trois axes :

A) La muséologie sociale met l’accent sur la participation des publics et des populations issues de territoires d’implantation des musées. Ce courant découle de la muséologie américaine, influente au Québec, et inclut l’écomuséologie et l’altermuséologie dans le monde francophone.

B) La muséologie critique met l’accent sur les rapports de pouvoir sous-jacents au fonctionnement du milieu muséal et aux effets d’exclusion qui en résultent pour maints segments de la population. Ce courant recouvre la « muséologie inclusive » promue dans le monde anglophone.

C) La muséologie « insurgée » ou « contre-hégémonique » insiste sur une conception des institutions muséales comme lieux de rapports de force entre les intérêts opposés des groupes sociaux. Ce courant inclut les approches postcoloniales adoptées dans le monde hispanique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 17 mai 2024

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