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Moniques Richard : UQAM - Université du Québec à Montréal
Si la jeunesse circule à toute vitesse sur les réseaux numériques, cherchant son identité parmi de multiples étiquettes apposées sur son parcours (TDAH, TSA, HDAA, LGBTQIA+, etc.), le personnel enseignant, lui, subit trop souvent un décalage culturel qui entraine des angles morts dans sa vision des enjeux sociétaux actuels. Comment accompagner l’apprentissage de citoyens en devenir et de futurs maitres en art sans plonger soi-même dans le bain numérique, l’étiquetage cognitif ou l’identité multiple? Comment éviter des biais dictés par nos valeurs? Inscrite dans l’axe 2 du colloque, cette recherche part de ma posture d’accompagnement de projets universitaires de création pédagogique liés aux identités personnelle, ethnoculturelle ou de genre. En analysant quatre projets, elle vise à : 1) réfléchir à l’acte d’accompagnement et en identifier les biais; 2) élaborer un questionnement adapté aux enjeux; 3) proposer des pistes d’action pédagogique pertinentes. Elle aborde les concepts d’enjeux identitaires (Borri-Anadon et al., 2023), de citoyenneté (Constance et al., 2017), de multimodalité (Brunel et Lemieux, 2022) et de pédagogie émancipatrice (Demers et al., 2016; Rancière, 1987). Elle utilise la recherche-action participative (Coyne et Carter, 2018) et l’auto-ethnographie (Rondeau, 2011; Stahlke Wall, 2016). Les résultats proposent une vision multifocale des enjeux et l’utilisation de la multimodalité pour une approche pédagogique inclusive, différenciée et émancipatrice.
La recherche montre que les arts et la littérature permettent de réaliser une analyse critique de phénomènes ou d’enjeux de nature écosociale (écoféminisme, antiracisme, justice environnementale), tout en esquissant des pistes de solution empreintes de la créativité caractéristique du domaine artistique.
Cette 5e édition est l’occasion de créer un espace pour la diffusion des résultats de recherche visant ce questionnement et d’ouvrir les débats dans un contexte plus large, en invitant à partager leur expertise des chercheur·ses de domaines connexes à l’éducation : sciences sociales, ethnographie, anthropologie, études autochtones et/ou travail social. Nous nous appuyons sur la notion d’éducation citoyenne pour un avenir viable (Gilbert et Boutet, 2022) pour explorer les questions suivantes :
1) Que propose la recherche touchant les arts et la littérature comme approche actualisée d’émancipation sociétale? 2) Quels sont les angles morts dans la pratique des intervenant·e·s du milieu culturel dans l’accompagnement des jeunes en vue d’une éducation « transformatoire » (Dovidio, Glick et Rudman, 2005)? 3) Comment évolue « la conscience anthropocène » des jeunes à l’ère de la toute-puissance technologique (Pruneau et al., 2016), alors qu’ils se trouvent progressivement déconnectés des milieux naturels au profit d’une connexion plus forte aux univers numériques? 4) De quelle manière s’expriment les zones de tension entre « l’être » et « l’avoir », soit la gestion de nos rapports individuels et collectifs à l’environnement et l’impact de la qualité de ce lien sur la viabilité de notre avenir, notamment sur le plan « éco-nomique » (Sauvé, 2009)? 5) Quels sont les cadres de référence (idéologiques, culturels, étatiques, politiques, communautaires) qui influencent l’action éducative et, en conséquence, influencent les « affaires humaines » (Cochet, 2018) : la solidarité, l’identité, l’altérité, l’équité, les échanges, les valeurs...
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