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Xénia Philippenko : Bureau de recherches géologiques et minières
Les petits espaces insulaires présentent une vulnérabilité forte face aux risques littoraux, renforcée par l’absence d’arrière-pays, l’isolement et la présence de milieux riches mais sensibles aux modifications environnementales. Avec le changement climatique, ces risques sont amenés à s’accroître, et l’adaptation devient incontournable. Nous nous intéressons à deux archipels laurentiens, les Îles de la Madeleine (IDM) au Canada et l’outremer français Saint-Pierre-et-Miquelon (SPM). Nous présentons leurs caractéristiques communes, physiques, culturelles, et historiques. Sur la base des résultats d’un questionnaire auprès de 150 habitants aux IDM et 289 à SPM, nous comparons la perception des risques littoraux et l’acceptabilité de mesures d’adaptation au changement climatique.
Les habitants semblent avoir une bonne connaissance des risques littoraux touchant leur archipel respectif. Les Madelinots insistent toutefois plus sur l’érosion et les habitants de SPM sur la submersion, en cohérence avec les caractéristiques physiques de chacun des archipels. Nous détaillerons l’acceptabilité de diverses mesures d’adaptation. Celle-ci a été également étudiée à l’échelle de sites similaires : par exemple la Martinique et la route 199 aux IDM, le village de Miquelon et l’isthme de Miquelon-Langlade à SPM. Nous tirerons de cette comparaison des enseignements réciproques face à la question des risques littoraux en contexte de changement climatique.
Dans un contexte de changements climatiques et de concentration des enjeux humains et bâtis sur les côtes, les risques côtiers d’érosion et de submersion marines sont en constante augmentation sur les littoraux anthropisés du monde. En outre, les difficultés de gestion intégrée de la zone côtière et la multiplicité des positions des différents et nombreux acteurs (citoyens, élus, administrations publiques, organisations locales et régionales et autres parties prenantes) complexifient la gestion de ces risques. Projeter ces espaces vulnérables dans un avenir durable devient un défi auquel la recherche interdisciplinaire et partenariale entre chercheur·ses, professionnel·les de la gestion des risques côtiers et habitant·es peut apporter des éclairages cruciaux.
L’objet de ce colloque est de croiser les approches des chercheur·ses, mais aussi des praticien·nes-gestionnaires, pour capitaliser l’avancée des connaissances sur ce sujet et apporter des éléments utiles pour progresser vers l’adaptation des populations et des territoires littoraux.
Les thématiques qui nous semblent essentielles pour y parvenir sont diverses. Elles touchent aux questions de vulnérabilité systémique de ces territoires littoraux, à la connaissance des dynamiques naturelles et sociopolitiques, à l’analyse des politiques publiques et de leurs applications sur le terrain, aux représentations des populations, à leurs capacités d’adaptation et de résilience, à la construction de scénarios d’adaptation...
L’interdisciplinarité et les partenariats avec les gestionnaires favorisent des démarches intégrées. Les méthodes et outils déployés pour étudier ces questions peuvent être d’une très grande variété (indices de vulnérabilité, plateformes numériques de données, enquêtes auprès d’acteurs du territoire, frises chronologiques, cartographies narratives, jeux sérieux, coconstruction de scénarios…). Que peut-on apprendre de ces démarches et outils? Quelles leçons en tire-t-on pour avancer vers l’adaptation?
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