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Matthieu Chauveau : Université de Pau et des Pays de l'Adour
Les collectivités territoriales se voient confier davantage de responsabilités, tout en vivant une profonde mutation au travers des fusions, réductions et mutualisations des moyens. Les agents vivant cette transformation de leur métier peuvent voir leur bien-être au travail et leur performance impactés de manières directe ou indirecte. Directe par le leadership pratiqué par leur cadre intermédiaire, issu de l’application du JDR-Model (leadership gérant les paradoxes inhérents à la fonction publique territoriale) ou par l’affection de leur motivation de service public. Indirecte par le médium de leur engagement au travail ou l’épuisement professionnel éprouvé. Il est difficile pour les chercheurs comme pour les responsables territoriaux de mesurer l’impact de cette altération des antécédents sur le bien-être au travail éprouvé par les agents. Nous avons créé un questionnaire à partir d’exemplaires scientifiquement validés, que nous avons soumis à l’ensemble des agents territoriaux. Il en ressort que la motivation de service public (MSP) a une interaction avec le leadership paradoxal pratiqué par le cadre intermédiaire, et a un effet direct comme indirect par l’engagement au travail, et surtout la baisse de l’épuisement professionnel, sur le bien-être au travail ressenti par les agents. Cet effet impacte dans une moindre mesure leur performance. L’agent et son gestionnaire se retrouvent de nouveau au centre des préoccupations.
Au cours du 20e siècle, les États ont adopté différents modèles de gouvernance publique passant entre autres du taylorisme, à la bureaucratie jusqu’à la nouvelle gestion publique (NGP). Ces mêmes États ont également procédé à de nombreuses réformes (Bouckaert, 2023) marquées notamment par l’implantation et la désagrégation des agences autonomes (Goupil et Gagnon, 2022). Du point de vue du management public, les conséquences attribuables aux pratiques du nouveau management public (NMP) ont amené certains gouvernements à adopter des stratégies d’adaptation ou de recalibrage de l’action publique (Levy, 2010). Que ce soit en raison des crises sanitaires ou climatiques, ou de simples défaillances du NMP, les États sont appelés à repenser les modes d’instauration de l’action publique et leur mode de gouvernance (Negri et Hardt, 2000; Le Galès, 2003).
Ce colloque porte sur l’évolution de la gouvernance publique et du rôle de l’État au 21e siècle, et la place de l’innovation dans ces évolutions. Il aborde le passage du nouveau management public vers le post-NMP. Assiste-t-on à l’émergence d’un État néo-wébérien? Comment le secteur public peut-il être une source d’innovation? Quelle est la valeur ajoutée de la fonction publique et pourquoi, dans certaines juridictions, assiste-t-on à une revalorisation de la bureaucratie? Quelles sont les réformes nécessaires à l’État? Les communicants sont invités à partager leurs réflexions à l’égard des apprentissages que les États peuvent tirer des crises sanitaires et climatiques. Multiplication des agences, État fort, rôle des villes et des territoires : comment résoudre les nouveaux enjeux de management public? Quel rôle l’innovation peut-elle jouer dans la résolution de ces enjeux?
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