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Maria Bertha Fortoul : Universidad La Salle
Au Mexique, la formation des futurs enseignants relève historiquement de la responsabilité des écoles normales (EN). Pendant plus d´un siècle, l’activité de ces établissements d'enseignement supérieur a été l’enseignement, une situation due en partie à l’idée selon laquelle ce travail se faisait uniquement dans la salle de classe. Cela a changé, et au cours des dernières décennies, on a tenté de faire en sorte que les processus de formation incluent d'autres activités telles que la recherche et la gestion institutionnelle. Ce changement a conduit à repenser l'identité des enseignants en tant que professionnels de l'enseignement. Cette nouvelle orientation a privilégié, entre autres, la construction de liens transversaux à partir de et pour la pratique enseignante, basés sur la connaissance des contextes des apprenants et de leurs communautés. Cet article analyse, de manière exploratoire, les modalités et les contraintes présentes dans les processus formatifs des EN visant à renforcer ces liens chez les élèves-enseignants sous deux angles : curriculaire et empirique -à partir d’entretiens (n= 18) et d’analyses de mémoires (n=18), réalisés en 2022-. Sa pertinence repose sur la considération que la reconnaissance des contextes est indispensable pour envisager les aspects didactiques et pédagogiques, permettre une réflexion située et favoriser la professionnalité.
Dans nos pays, quels dispositifs sont mis en œuvre pour promouvoir une pratique enseignante proche des contextes ?
Face aux mutations sociétales qui mettent en avant de multiples enjeux d’éducation (inclusion, bien-être, compétences technologiques, etc.), les politiques éducatives s’orientent vers une rationalisation des ressources tant humaines que financières et de contrôle des résultats (Bouchez, 2014). Les réformes des formations initiale et continue des enseignants ne font pas exception à ce mouvement (Tardif, 2010). Celles-ci tentent de fabriquer des enseignants autonomes et responsables tout en prenant en compte les problématiques d’attrition, de pénurie et d’abandon des personnels, d’inclusion, de démocratisation et de sélection. Par ailleurs, devant les nombreuses attentes envers l’école sont apparues au fil du temps de nouvelles fonctions, voire de nouveaux métiers (médiation, etc.).
Le symposium a pour objectif de mieux comprendre les conséquences de ces mutations sur les professionnels de l’enseignement, les possibilités, les contraintes, les paradoxes, les ruptures imposées, ou encore les dilemmes qui sont les leurs (Tardif et Lessard, 1999).
Il s’agit de s’intéresser aux processus de construction de la professionnalité (Jorro, 2011), aux dynamiques d’insertion, aux ressources plurielles mobilisées et aux épreuves traversées par les futurs enseignants ou les enseignants en exercice (Mamprin et al., 2023; Perier, 2014; Perez-Roux et Lanéelle, 2012, 2018), y compris ceux adoptant de nouvelles fonctions, s’orientant vers un métier où la relation à et sur autrui est fondamentale (Allenbach et al., 2023).
L’analyse des processus et dynamiques suppose une approche par les temporalités et une prise en compte des spécificités territoriales, des contextes de formation et de travail. Plus précisément, plusieurs espaces géographiques sont explorés (France, Suisse, Canada, Mexique). Il s’agit de mettre en lumière la dimension singulière de ces processus et la dimension collective imposée et/ou partagée qui structure progressivement le rapport au métier.
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