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Lia Varela : Universidad Nacional de Tres de Febrero
Au cours des dernières décennies, divers programmes de coopération universitaire franco argentine ont cherché à multiplier les réseaux francophones dans le domaine de l’ingénierie, donnant lieu à un important développement des mobilités entre les deux pays. Du point de vue de l’aménagement linguistique, il est intéressant de s'interroger sur le devenir du français chez les étudiants argentins après leur mobilité et après leurs études. De fait, l'analyse des trajectoires professionnelles de 298 ingénieurs anciens boursiers montre que, bien que la mobilité en France ait joué un rôle déclencheur d'internationalisation, peu évoluent par la suite dans des milieux francophones. Cette recherche interdisciplinaire s’appuie fondamentalement sur la notion de capital linguistique telle que proposée par P. Bourdieu, mais dans une perspective internationale. La méthodologie mise en place en vue d’éclairer le rapport entre trajectoires socio-éducatives, répertoires linguistiques et internationalisation repose sur une analyse des correspondances multiples de données prosopographiques recueillies à l’aide d’un travail d’ethnographie virtuelle. Les résultats révèlent dans ce groupe d’ingénieurs l'existence de différents profils sociolinguistiques, à mettre en rapport avec différents circuits de mobilité professionnelle, dont un francophone, minoritaire: la compétence linguistique en langue étrangère ne se transforme pas dans tous les cas en capital linguistique international.
Dans quelle mesure l’espace francophone international — caractérisé par une riche diversité culturelle, démographique, politique, géographique, linguistique et historique — constitue-t-il un système migratoire qui se distingue par des dynamiques de mobilités humaines (internes, régionales, internationales) particulières ?
Ce colloque aura comme objectif de réfléchir à cette question par l’analyse des diverses formes de mobilité, des facteurs qui les influent et des conséquences qu’elles engendrent tant dans les sociétés d’origine, de transit, de destination que de retour. Les disparités économiques entre les pays francophones, les occasions d’emploi divergentes et les niveaux de vie contrastés sont des moteurs majeurs de la migration. Les conflits, l’instabilité politique, les violations des droits de l’homme et les régimes autoritaires dans certains pays francophones du Sud incitent également à l’exode vers les pays du Nord. Les inégalités, la discrimination et les pressions sociales, en particulier pour les groupes vulnérables, ainsi que les catastrophes naturelles et les changements climatiques, engendrent aussi des déplacements parfois forcés.
Devant ces dynamiques, les migrations représentent des occasions et des bénéfices démographiques et économiques significatifs tout en soulevant des défis sociaux majeurs à la fois pour les pays d’accueil que pour les pays d’origine. La compréhension approfondie de ces implications complexes et parfois paradoxales est essentielle dans l’analyse interdisciplinaire des mobilités humaines en général, mais en particulier au sein de l’espace francophone international afin de mettre en lumière les forces structurelles à l’œuvre que les expériences vécue sur le plan tant macro (histoires (post)coloniales, économie mondiale, relations géopolitiques) que méso (diasporas, liens transnationaux) et micro (l’agentivité des individus et des ménages). Une perspective holistique est donc cruciale pour le développement de politiques efficaces en matière d’immigration, d’intégration et de développement, dans le respect des spécificités culturelles et des réalités socioéconomiques de cet espace dynamique.
Le colloque abordera ces enjeux selon trois axes :
Titre du colloque :