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Diagnostic de troubles neurodéveloppementaux : impact sur la parentalité et dans la relation des parents avec l’école

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Marie-Christine Brault : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi

Résumé de la communication

La prévalence des troubles neurodéveloppementaux et des médicaments associés s’accroit depuis une vingtaine d’année chez les enfants québécois. Plusieurs indices dévoilent un surdiagnostic et une surprescription, qui seraient des conséquences du processus de médicalisation durant l’enfance. L’école agit comme un catalyseur de ce phénomène : dans une relation de pouvoir asymétrique en leur faveur, les membres du personnel scolaire tentent de faire accepter aux parents leur point de vue principalement biomédical des problèmes des élèves et des solutions à privilégier. Les parents ne sont pas tous en accord avec ces demandes. Notre étude montre que certains parents résistent au processus de médicalisation ciblant leur enfant. Toutefois, la résistance au diagnostic est moins prégnante que celle liée à la médication. Ainsi, les parents ont moins d’hésitation à aller consulter un professionnel de la santé en vue d’identifier une condition pathologique et le diagnostic est perçu positivement chez la majorité. À partir des récits longitudinaux d’une vingtaine de parents québécois, notre présentation visera à discuter de l’impact du diagnostic de trouble neurodéveloppementaux sur la parentalité et la relation des parents avec l’école. L’exigence de coéducation comme norme de bonne parentalité met une pression sur les parents pour initier le processus de médicalisation. Alors que plusieurs parents s’opposent au départ, la résistance devient plus ténue au fil du temps.

Résumé du colloque

La mobilisation de diagnostics médicaux visant la compréhension et la présentation de soi ou d’autrui est omniprésente dans de nombreux cadres d’interaction. Ayant différentes fonctions sociales, les diagnostics permettraient de justifier, de comprendre et d’anticiper certaines difficultés ou comportements hors normes qui pourraient survenir dans ces interactions.

De leur côté, les institutions répondant aux politiques d’équité, diversité et inclusion (EDI) tentent par divers moyens de favoriser l’intégration des individus marginalisés ou diagnostiqués. Que ce soit pour justifier un accommodement scolaire, l’accès à un service de soin particulier ou pour réfléchir sur la flexibilité d’un emploi, les institutions occidentales accueillent les individus marginalisés dans la mesure où ces derniers fournissent une preuve médicale de leur « condition » légitimant un « traitement particulier ». Cette formalisation des accommodements transforme inévitablement les interactions quotidiennes, mais comment ? De quelle inclusion parle-t-on ? Une inclusion à quoi et une reconnaissance de quoi ? Quels espaces sont réellement disponibles et offerts à ces personnes, et selon quels critères, besoins et normes ?

Plus spécifiquement, la réflexion portera sur l’incidence de la mobilisation des diagnostics de santé mentale et physique sur les relations interpersonnelles et les interactions institutionnelles; sur les conditions institutionnelles des usages sociaux des catégories diagnostiques ainsi que sur ce qu’on entend et pratique selon des termes tels que « inclusion » et « intégration socioprofessionnelle ».

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 17 mai 2024

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