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Yves Maurice Jean Barblan : Université de Genève
Les visées prioritaires des prescriptions officielles pour l'enseignement aux élèves entre 5 et 15 ans en Suisse Romande prônent pour l'enseignement des Arts Plastiques et Visuels (ci-après, APV) " le développement de la personnalité par l’accès à la culture à travers le processus créatif " (PER, Arts - Corps et mouvement, 2010, p. 5). Le processus créatif est considéré comme prépondérant d’une formation équilibrée de l’individu et donc constitutif du devenir citoyen. Néanmoins, il n’existe ni programme ni directive quant à l’opérationnalisation d’un enseignement basé sur l’expérimentation.
Dans ce contexte, nous nous demandons comment l’enseignant favorise et articule-t-il "des mises en situations permettant à chaque élève d'exercer" (CIIP, 2011, p. 6, Capacités transversales) sa pensée créatrice et divergente en termes d’apprentissages ?
Dans cette optique, nous avons analysé dans une démarche clinique (Schubauer-Leoni &Leutenegger, 2002) des vidéoscopies de deux enseignants et mené avec ces derniers des entretiens d'explicitation (Vermersh, 1991). Nos premiers résultats démontrent une difficulté des enseignant-e-s à coconstruire une référence commune en termes d'apprentissages et à se détacher d'une approche sélective et « traditionnelle » de l’éducation. Ces constats soulèvent la question de comment favoriser en rapport à des contenus disciplinaires un enseignement « développant la personnalité » au service de la participation à la démocratie (Zask, 2011).
La recherche montre que les arts et la littérature permettent de réaliser une analyse critique de phénomènes ou d’enjeux de nature écosociale (écoféminisme, antiracisme, justice environnementale), tout en esquissant des pistes de solution empreintes de la créativité caractéristique du domaine artistique.
Cette 5e édition est l’occasion de créer un espace pour la diffusion des résultats de recherche visant ce questionnement et d’ouvrir les débats dans un contexte plus large, en invitant à partager leur expertise des chercheur·ses de domaines connexes à l’éducation : sciences sociales, ethnographie, anthropologie, études autochtones et/ou travail social. Nous nous appuyons sur la notion d’éducation citoyenne pour un avenir viable (Gilbert et Boutet, 2022) pour explorer les questions suivantes :
1) Que propose la recherche touchant les arts et la littérature comme approche actualisée d’émancipation sociétale? 2) Quels sont les angles morts dans la pratique des intervenant·e·s du milieu culturel dans l’accompagnement des jeunes en vue d’une éducation « transformatoire » (Dovidio, Glick et Rudman, 2005)? 3) Comment évolue « la conscience anthropocène » des jeunes à l’ère de la toute-puissance technologique (Pruneau et al., 2016), alors qu’ils se trouvent progressivement déconnectés des milieux naturels au profit d’une connexion plus forte aux univers numériques? 4) De quelle manière s’expriment les zones de tension entre « l’être » et « l’avoir », soit la gestion de nos rapports individuels et collectifs à l’environnement et l’impact de la qualité de ce lien sur la viabilité de notre avenir, notamment sur le plan « éco-nomique » (Sauvé, 2009)? 5) Quels sont les cadres de référence (idéologiques, culturels, étatiques, politiques, communautaires) qui influencent l’action éducative et, en conséquence, influencent les « affaires humaines » (Cochet, 2018) : la solidarité, l’identité, l’altérité, l’équité, les échanges, les valeurs...
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