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Alexandre Michaud : Université Saint-Paul
Historiquement, la littérature économique sur l’objectif des coopératives de travail s’est concentrée sur des considérations de revenus et d’emplois (Ward 1958; Domar 1966; Vanek 1969; Craig et Pencavel 1993; Burdín et Dean 2012). Des travaux vont diverger de cette approche (Albanese 2020; McCain 2010), mais il manque de recherches pour appréhender leur dimension sociale. Pourtant, les coopératives de travail sont des vecteurs d’innovation sociale (Novković 2008), permettant la création de valeur (Audebrand 2017; Gomathy 2022), l’émancipation des travailleur.ses (Pérotin 2013; Berry et Bell 2018), et le développement des communautés (Lindenfeld 1997).
Face à cette lacune, il est essentiel de se demander comment incorporer la dimension sociale dans les modèles économiques des coopératives de travail, et comment cela affecterait leurs décisions et les politiques publiques.
Débutant notre communication, nous exposerons différents cadres pouvant expliquer l'engagement social des entreprises (Beckmann 2015; Crifo et Forget 2015; Kitzmueller et Shimshack 2012; Santos 2012; Borzaga et Tortia 2010; Kitzmueller 2008). Nous porterons une attention particulière aux cadres centrés sur les motivations intrinsèques. Nous nous inspirerons ensuite du modèle de Craig et Pancavel (1993) pour intégrer l'investissement social des coopératives dans leur analyse économique. Enfin, nous présenterons des hypothèses basées sur ce modèle et discuterons de leur validation empirique
L’expression économie sociale est utilisée fréquemment depuis les années 1990 au Québec. Or, les associations, les mutuelles, les coopératives ont toujours coloré le paysage économique et social du Québec. Le ministère de l’Économie et de l’Innovation (2020) dénombrait 11 200 entreprises d’économie sociale (EES) en 2020. L’Institut de la statistique du Québec (2019) définit ces entreprises comme des organisations qui sont issues de la mobilisation et de la volonté entrepreneuriale de personnes qui se sont regroupées pour produire ou vendre des biens et services tout en répondant à des besoins sociaux et collectifs comme la création d’emplois, le maintien des services de proximité, l’intégration socioprofessionnelle ou la préservation de la vie culturelle locale. Les activités marchandes des EES ne sont pas une fin en soi, mais plutôt un tremplin dans le cheminement de la réalisation de leur mission sociale.
Pendant plusieurs années, les EES au Québec étaient concentrées dans certains secteurs comme le secteur agricole et bancaire. Or, l’économie sociale gagne en popularité et les différents types d’entreprises se multiplient entraînant de nouvelles réalités et modèles organisationnels (Bull, 2018). Le secteur des EES n’est pas statique, mais plutôt dynamique et en constante évolution, donc l’accompagnement offert à ces entreprises doit s’adapter également. Bien que de plus en plus présentes dans les différentes économies mondiales, ces organisations demeurent encore relativement nouvelles, les questions de légitimité étant donc primordiales. D’ailleurs, Wang et Zhou (2021) montrent l’importance de leur légitimité dès leur création pour maximiser leur performance. Ceci montre l’importance de bien connaître leurs besoins pour favoriser une saine gestion et un accompagnement optimal auprès de leurs membres. Ce colloque s’intéresse au contexte dans lequel évoluent les EES afin de cerner leurs besoins d’accompagnement en rapprochant les milieux universitaires et pratiques.
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