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Interroger les dynamiques genrées et les inégalités en milieu académique : une perspective queer et intersectionnelle

JM

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Jamie Mcdonald : University of Texas, San Antonio

Résumé de la communication

Il y a déjà près de 35 ans, la sociologue Joan Acker (1990) formulait sa théorie des « organisations genrées ». À l’époque, Acker affirmait que la nature même des organisations fait en sorte qu’elles fonctionnent selon une logique qui privilégie structurellement les hommes par rapport aux femmes, si bien que le travailleur abstrait et idéal est conçu comme un homme qui a une femme à la maison pour s’occuper de ses besoins personnels. Plus tard, elle a adopté une perspective intersectionnelle pour théoriser les organisations en tant que « régimes d’inégalités » qui reproduisent des inégalités à la fois sur la base des dynamiques de genre, de race et de classe sociale (Acker, 2006).

Dans cette allocution, je m’inspire d’Acker en concevant les universités comme des régimes d’inégalités, malgré la mise en place de certaines politiques d’équité, de diversité et d’inclusion. Pour mieux comprendre les inégalités basées sur diverses formes d’identité dans les universités, je propose une approche performative qui est basée sur la théorie queer et une conception de l’intersectionnalité qui est fluide et qui rejette les catégories binaires. En interrogeant ces inégalités, on est en meilleure mesure de proposer des solutions qui favorisent un environnement propice à l’épanouissement de toute la population universitaire.

Résumé du colloque

Les milieux d’enseignement supérieur doivent offrir un environnement d’apprentissage et de travail équitable. Pourtant, malgré la mise en place de politiques EDI, le système perpétue la (re)production d’inégalités basées sur des marqueurs identitaires genrés (Walters et al., 2022). Ce colloque souhaite interroger les dynamiques genrées auxquelles sont confrontés la population apprenante et les membres du corps professionnel (Dutoya et al., 2019) au regard des responsabilités des acteurs et actrices des milieux d’enseignement supérieur et du système lui-même.

Responsabilité éducative. Le travail du care imprègne le parcours d’apprenantes encore marginalisées (Remenick, 2019) et le travail des professeures davantage engagées dans l’accompagnement des étudiant·es (Gaudet et al., 2022). Comment et pourquoi le care teinte-t-il encore l’enseignement supérieur? Quelles innovations mettre en place pour assurer un environnement d’apprentissage et de travail équitable et inclusif?

Responsabilité scientifique. Soutenir la recherche pose la question des indicateurs de performance valorisant le nombre de subventions obtenues, d’articles scientifiques publiés dans des revues prestigieuses et d’étudiants et d’étudiantes diplômés. Comment penser les indicateurs de performance en recherche pour assurer l’équité? Comment les méthodes mobilisées et leur rapidité d’exécution doivent-elles être pensées pour soutenir la recherche de façon équitable?

Responsabilité sociale. Professeures loin des lieux de pouvoirs institutionnels (Dengate et al., 2021) et étudiantes engagées gratuitement dans des comités (mères aux études, rémunération des stages), comment l’institution profite-t-elle des dynamiques genrées pour exploiter le travail des unes au bénéfice de toutes et tous?

Les solidarités intergénérationnelles et interdisciplinaires nées de la première édition du colloque visent à consolider ce lieu d’apprentissage et de réflexion pour bâtir l’université de demain.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 17 mai 2024

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