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La cogestion des ressources fauniques entre les zones d'exploitation contrôlée et les Premières Nations : une voie de gouvernance collaborative dans un contexte conflictuel

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Alice Semnoun : Université Laval

Résumé de la communication

La gouvernance des ressources fauniques représente un défi majeur. Imbriqués dans des systèmes socioécologiques complexes, ces biens communs revêtent une importance socioéconomique, écologique et culturelle chez plusieurs groupes. En tant que territoires fauniques structurés, les zones d’exploitation contrôlées (ZEC) sont des acteurs centraux du paysage québécois de la gouvernance des ressources fauniques. Créées par l’État en 1978 afin de démocratiser l’accès aux ressources en forêt publique, elles ont le mandat de mettre en valeur et conserver les ressources fauniques sur leur territoire. En parallèle, les Premières Nations disposent de droits ancestraux de chasse et de pêche pouvant s’exercer sur ces territoires. Ces droits concurrents entraînent une cohabitation et un partage de ressources forcés entre ces acteurs, générant des tensions et enjeux conflictuels.

L’objectif de ce projet consistait à analyser les dynamiques institutionnelles de cogestion entre les ZEC et les Premières Nations dans un contexte de gouvernance des ressources fauniques. Cinq études de cas ont été réalisées auprès de quatre communautés autochtones et huit ZEC par la conduite de 27 entretiens semi-dirigés. Si nos résultats ont confirmé l’existence d’un modèle de cogestion, ils relèvent aussi une grande variabilité dans les niveaux de collaboration, d’engagement et de confiance entre ces groupes. De nombreux obstacles et leviers (relationnels, opérationnels et de gouvernance) ont ainsi été observés.

Résumé du colloque

Au cours du 20e siècle, les États ont adopté différents modèles de gouvernance publique passant entre autres du taylorisme, à la bureaucratie jusqu’à la nouvelle gestion publique (NGP). Ces mêmes États ont également procédé à de nombreuses réformes (Bouckaert, 2023) marquées notamment par l’implantation et la désagrégation des agences autonomes (Goupil et Gagnon, 2022). Du point de vue du management public, les conséquences attribuables aux pratiques du nouveau management public (NMP) ont amené certains gouvernements à adopter des stratégies d’adaptation ou de recalibrage de l’action publique (Levy, 2010). Que ce soit en raison des crises sanitaires ou climatiques, ou de simples défaillances du NMP, les États sont appelés à repenser les modes d’instauration de l’action publique et leur mode de gouvernance (Negri et Hardt, 2000; Le Galès, 2003).

Ce colloque porte sur l’évolution de la gouvernance publique et du rôle de l’État au 21e siècle, et la place de l’innovation dans ces évolutions. Il aborde le passage du nouveau management public vers le post-NMP. Assiste-t-on à l’émergence d’un État néo-wébérien? Comment le secteur public peut-il être une source d’innovation? Quelle est la valeur ajoutée de la fonction publique et pourquoi, dans certaines juridictions, assiste-t-on à une revalorisation de la bureaucratie? Quelles sont les réformes nécessaires à l’État? Les communicants sont invités à partager leurs réflexions à l’égard des apprentissages que les États peuvent tirer des crises sanitaires et climatiques. Multiplication des agences, État fort, rôle des villes et des territoires : comment résoudre les nouveaux enjeux de management public? Quel rôle l’innovation peut-elle jouer dans la résolution de ces enjeux?

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
Discutant-e- de la session : Maryse Carmes
section icon Date : 17 mai 2024

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