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Joelle Basque : Université TÉLUQ
Dans cette communication j’envisage la construction de l'identité comme une pratique de communication située, qui puise à des conceptions idéalisées du soi et des attentes normatives sur qui on veut être et qui on doit être (Wieland, 2010). Le travail identitaire (Sveningsson & Alvesson, 2003; Winkler, 2013) est révélé par ces moments où les gens puisent à leurs diverses conceptions de soi pour déterminer comment agir dans telle et telle situation, en fonction des attentes sociales en jeu. Ce faisant, ils et elles développent des versions nuancées et évolutives de leurs identités à travers le (re)déploiement continu de ces situations (Winkler, 2013). À travers une autoethnographie de mon parcours de professeure d’université, écrit à la fois en temps réel et de façon rétrospective, j’identifie des moments charnières où mon identité de femme ainsi que mes identités corollaires (telles que mère, amie, etc.) étaient mobilisées et redéfinies par rapport à mon identité de professeure. Ce faisant, je démontre comment ce travail identitaire, par sa dimension située et interactionnelle, contribue à la constitution de l’organisation (Chaput et Basque, 2022) et met en lumière les rapports d’inégalités entre les genres qui marquent le monde universitaire (Gaudet et al. 2022; Anderson et al., 2020).
Les milieux d’enseignement supérieur doivent offrir un environnement d’apprentissage et de travail équitable. Pourtant, malgré la mise en place de politiques EDI, le système perpétue la (re)production d’inégalités basées sur des marqueurs identitaires genrés (Walters et al., 2022). Ce colloque souhaite interroger les dynamiques genrées auxquelles sont confrontés la population apprenante et les membres du corps professionnel (Dutoya et al., 2019) au regard des responsabilités des acteurs et actrices des milieux d’enseignement supérieur et du système lui-même.
Responsabilité éducative. Le travail du care imprègne le parcours d’apprenantes encore marginalisées (Remenick, 2019) et le travail des professeures davantage engagées dans l’accompagnement des étudiant·es (Gaudet et al., 2022). Comment et pourquoi le care teinte-t-il encore l’enseignement supérieur? Quelles innovations mettre en place pour assurer un environnement d’apprentissage et de travail équitable et inclusif?
Responsabilité scientifique. Soutenir la recherche pose la question des indicateurs de performance valorisant le nombre de subventions obtenues, d’articles scientifiques publiés dans des revues prestigieuses et d’étudiants et d’étudiantes diplômés. Comment penser les indicateurs de performance en recherche pour assurer l’équité? Comment les méthodes mobilisées et leur rapidité d’exécution doivent-elles être pensées pour soutenir la recherche de façon équitable?
Responsabilité sociale. Professeures loin des lieux de pouvoirs institutionnels (Dengate et al., 2021) et étudiantes engagées gratuitement dans des comités (mères aux études, rémunération des stages), comment l’institution profite-t-elle des dynamiques genrées pour exploiter le travail des unes au bénéfice de toutes et tous?
Les solidarités intergénérationnelles et interdisciplinaires nées de la première édition du colloque visent à consolider ce lieu d’apprentissage et de réflexion pour bâtir l’université de demain.
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