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Christian Cheminais : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Les organisations sociosanitaires se complexifiant, le partenariat entre les professionnels et les personnes est de plus en plus encouragé. Tout en devant faire preuve d’autonomie, ces personnes doivent s’engager dans leurs soins et dans la prévention de leur santé, ce qui requiert des compétences liées à la littératie en santé (LS). Ces dernières permettent d’améliorer les interactions entre les différents professionnels et les personnes ce qui facilite leur engagement et favorise la prise en compte de leurs préférences, menant à une plus grande équité en matière de soins. Or, participer et être partenaire fait appel à diverses compétences, notamment en LS pour les personnes et les professionnels qui doivent adapter leurs stratégies éducatives. Dans un premier temps, la convergence entre les fondements du travail social et ceux de la LS à partir du modèle intégré de LS seront exposés. Ensuite, les états des usages, des avantages et des limites de la LS en travail social auprès des personnes, des professionnels et des organisations en portant une attention particulière aux iniquités de santé seront abordés. Finalement, les obstacles qui limitent la mise en œuvre d’interventions pro-littéraciques par les TS et des pistes de solution à explorer, à partir du point de vue d’aînés recevant des services de soutien à domicile seront présentés.
Dans le contexte de l’évolution constante des défis de santé à l’échelle mondiale, il est essentiel de réviser nos approches en matière d’accompagnement et d’intervention éducative en santé (Nutbeam et Lloyd, 2021). Bien que des progrès aient été réalisés dans la compréhension des maladies et des facteurs de risque, les taux élevés de maladies infectieuses et chroniques restent préoccupants. Les modes de vie moderne et les systèmes sociaux et politiques contribuent à l’augmentation de ces maladies et à des taux de mortalité prématurée évitables (Feigin et al., 2022; Vaduganathan et al., 2022). Cette situation présente un défi majeur, en particulier pour le personnel soignant (Blaizot et al., 2023; Feigin et al., 2022). La révision des pratiques des systèmes de santé est impérative face à la montée des maladies chroniques non transmissibles. Ces systèmes doivent évoluer d’une orientation curative vers la prévention clinique et l’inclusion de l’éducation pour la santé simultanément avec la création et le renforcement d’environnements favorables à la santé (Blaizot et al., 2023; Nutbeam et Lloyd, 2021). Cette stratégie globale vise à promouvoir et à faciliter l’adoption de styles de vie sains pour prévenir l’apparition de maladies. Pour les citoyens, les personnes et les patients, l’objectif est non seulement de ne plus se concentrer uniquement sur la guérison d’une maladie aiguë, mais également sur la prévention, la gestion et l’adaptation à des maladies chroniques dans un environnement qui favorise les choix santé et le bien-être global (Blaizot et al., 2023; Nutbeam et Lloyd, 2021). Les stratégies d’intervention éducatives traditionnelles en santé peuvent ne pas suffire à atteindre des publics de plus en plus diversifiés, et même renforcer et créer des inégalités de santé (Crear-Perry et al., 2021; Kim, 2019). De plus, l’avènement des technologies numériques et des médias sociaux a considérablement modifié la manière dont les informations de santé sont diffusées et reçues par les citoyens (Chen et Wang, 2021; Farsi, 2021; Ohara, 2023). Cette problématique incite à se pencher sur des questions cruciales liées à la communication en santé, à la prise de décision partagée, à l’adaptation et à la sensibilité des interventions éducatives pour répondre aux besoins culturels, socioéconomiques et générationnels variés des populations (Bonilla, 2022; Ndengeyingoma et al., 2023) et sur des enjeux éthiques contemporains (Morley et al., 2020; Ntoumanis et al., 2021; Varkey, 2021).
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