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La métamuséographie critique dans les musées d'art contemporain.

JL

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J. Pedro Lorente : Universidad de Zaragoza

Résumé de la communication

Les musées ne peuvent plus être conçus comme des conteneurs neutres : leur rôle dans le système artistique a été remis en question depuis des décennies par d’innombrables artistes, en particulier ceux qui ont dirigé les générations successives de ce qu’on appelle la « critique institutionnelle ». Ce n’était qu’une question de temps avant que les musées ne suivent également leurs traces, en s’intéressant à reconsidérer leur passé de manière critique. Les approches à partir desquelles ces analyses sont réalisées sont très diverses, particulièrement avec des multiples contestations du canon moderne dans les collections de musées et leurs configurations d'exposition. Concernant cette dernière stratégie, que l’on pourrait bien appeler « métamuséographie », deux types d’exemples émergent à travers le monde, notamment dans les pays où le white cube moderne rivalisait avec d’autres muséographies d’avant-garde. Certaines sont en train d’être rétablies en tant que patrimoine culturel digne d’être préservé et étudié par les musées d’art moderne et contemporain, comme le montre la première partie de cette communication. Par ailleurs, il est évident qu'une histoire critique de l'art des siècles XIXe, XXe et XXIe ne peut se concevoir sans prêter attention à l'évolution des musées, c'est pourquoi la deuxième partie suit la trace des espaces de plus en plus nombreux dédiés dans certains musées d’art moderne et contemporain à réviser l'histoire de l'établissement concerné.

Résumé du colloque

Maints analystes questionnent les biais constitutifs et la portée réelle de la muséologie comme champ disciplinaire qui, outre l’étude des activités de conservation et de présentation des objets de collection, vise une fine compréhension de l’organisation et de l’histoire de cette pratique ainsi que de la mission dont les musées s’investissent.

Les remises en cause de cette acception pavent la voie à « l’élaboration de nouveaux modèles d’expositions, la prise en compte d’histoires passées sous silence, la reformulation des systèmes de connaissances présentés aux publics, la réinvention des structures organisationnelles et des modèles de gestion ainsi que l’adaptation des musées au caractère multiculturel et interculturel des nations et des communautés » (Shelton, 2022). Les tirs croisés sur la muséologie concernent donc tant les approches privilégiées, les objets collectionnés, les récits élaborés que les rapports établis avec les publics et la société.

Ce colloque confronte ainsi les thèses issues des « contre-muséologies », parfois regroupées sous la bannière de nouvelle muséologie, selon trois axes :

A) La muséologie sociale met l’accent sur la participation des publics et des populations issues de territoires d’implantation des musées. Ce courant découle de la muséologie américaine, influente au Québec, et inclut l’écomuséologie et l’altermuséologie dans le monde francophone.

B) La muséologie critique met l’accent sur les rapports de pouvoir sous-jacents au fonctionnement du milieu muséal et aux effets d’exclusion qui en résultent pour maints segments de la population. Ce courant recouvre la « muséologie inclusive » promue dans le monde anglophone.

C) La muséologie « insurgée » ou « contre-hégémonique » insiste sur une conception des institutions muséales comme lieux de rapports de force entre les intérêts opposés des groupes sociaux. Ce courant inclut les approches postcoloniales adoptées dans le monde hispanique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 17 mai 2024

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