pen icon Colloque
quote

L’art contemporain autochtone, une clé pour le développement d’un enseignement de l’histoire à visée décoloniale

SM

Membre a labase

Sabrina Moisan : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Dans le contexte éducatif canadien, un besoin pressant de revoir les récits nationaux se fait sentir à l’aune des revendications autochtones. En enseignement de l’histoire, un travail d’autochtonisation décoloniale (Gaudry et Lorenz, 2018) s’avère nécessaire, car cette discipline a été et est toujours l’une des meilleures armes du système colonial. Les appels à l’action de la Commission Vérité et réconciliation interpellent la classe d’histoire, mais inclure les perspectives autochtones s’avère laborieux, bien qu’une production culturelle soit de plus en plus imposante (Kanu, 2011; Moisan et al., 2023).

Dans cette communication, j’explorerai comment des productions d’art contemporain autochtone engagées historiquement peuvent servir à soutenir un enseignement de l’histoire favorisant le projet de vérité et réconciliation. J’explorerai le potentiel de l’approche de la multiperspectivité, qui consiste en une façon d’appréhender le monde et les savoirs en tant que constructions subjectives et partielles (Stradling, 2003) permettant d’accueillir l’ambiguïté, de remettre en question les récits univoques et les certitudes qu’ils génèrent (Medina, 2016). À cet effet, je m’arrêterai sur la démarche de Kent Monkman afin de discuter de positionnalité, d’interprétations historiques, des effets du colonialisme au passé et au présent et des moyens à notre dispositions pour revoir les rapports de pouvoir en jeu dans le processus décolonial.

Résumé du colloque

La recherche montre que les arts et la littérature permettent de réaliser une analyse critique de phénomènes ou d’enjeux de nature écosociale (écoféminisme, antiracisme, justice environnementale), tout en esquissant des pistes de solution empreintes de la créativité caractéristique du domaine artistique.

Cette 5e édition est l’occasion de créer un espace pour la diffusion des résultats de recherche visant ce questionnement et d’ouvrir les débats dans un contexte plus large, en invitant à partager leur expertise des chercheur·ses de domaines connexes à l’éducation : sciences sociales, ethnographie, anthropologie, études autochtones et/ou travail social. Nous nous appuyons sur la notion d’éducation citoyenne pour un avenir viable (Gilbert et Boutet, 2022) pour explorer les questions suivantes :

1) Que propose la recherche touchant les arts et la littérature comme approche actualisée d’émancipation sociétale? 2) Quels sont les angles morts dans la pratique des intervenant·e·s du milieu culturel dans l’accompagnement des jeunes en vue d’une éducation « transformatoire » (Dovidio, Glick et Rudman, 2005)? 3) Comment évolue « la conscience anthropocène » des jeunes à l’ère de la toute-puissance technologique (Pruneau et al., 2016), alors qu’ils se trouvent progressivement déconnectés des milieux naturels au profit d’une connexion plus forte aux univers numériques? 4) De quelle manière s’expriment les zones de tension entre « l’être » et « l’avoir », soit la gestion de nos rapports individuels et collectifs à l’environnement et l’impact de la qualité de ce lien sur la viabilité de notre avenir, notamment sur le plan « éco-nomique » (Sauvé, 2009)? 5) Quels sont les cadres de référence (idéologiques, culturels, étatiques, politiques, communautaires) qui influencent l’action éducative et, en conséquence, influencent les « affaires humaines » (Cochet, 2018) : la solidarité, l’identité, l’altérité, l’équité, les échanges, les valeurs...

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 17 mai 2024

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :