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L’égalité de genre dans le parcours professoral dans les universités canadiennes

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Eya Benhassine : Université de Montréal

Résumé de la communication

La question de l’égalité du genre dans le contexte professionnel fait l’objet de plusieurs recherches (Meyerowitz, 1994; Pigeyre et Sabatier, 2011), car cette égalité n’est pas atteinte dans certains domaines, dont l’enseignement supérieur. Cette communication a pour objectif de faire l’état des lieux des inégalités de genre vécues par les professeur.e.s et d’examiner les facteurs qu’y sont à l’origine. Nous adoptons le cadre d’analyse de Collins (2015). L’approche féministe intersectionnelle de Collins (2015) propose d’analyser les différents domaines d’action du pouvoir qui structurent cette matrice. C’est à travers l’analyse des domaines structurel, disciplinaire, hégémonique et interpersonnel que nous pouvons comprendre l’enchevêtrement des oppressions liées à la race, la classe, le genre et l’origine ethnique. Nous effectuons du cadre de cette étude une analyse quantitative de la base de données issus du questionnaire Academic Profession in the Knowledge Based Society distribué en 2017-2018 à l’ensemble des professeur·e·s régulier·è·re·s (n = 2968) de 64 universités situées dans les dix provinces canadiennes. Afin de répondre à notre premier objectif, en plus des statistiques descriptives, nous effectuerons une analyse de variance ANOVA ainsi qu’une modélisation par équation structurelle. Ces analyses permettent de documenter les inégalités auxquelles les professeures font face et d’élargir les réflexions autour des facteurs qui y sont à l’origine.

Résumé du colloque

Les milieux d’enseignement supérieur doivent offrir un environnement d’apprentissage et de travail équitable. Pourtant, malgré la mise en place de politiques EDI, le système perpétue la (re)production d’inégalités basées sur des marqueurs identitaires genrés (Walters et al., 2022). Ce colloque souhaite interroger les dynamiques genrées auxquelles sont confrontés la population apprenante et les membres du corps professionnel (Dutoya et al., 2019) au regard des responsabilités des acteurs et actrices des milieux d’enseignement supérieur et du système lui-même.

Responsabilité éducative. Le travail du care imprègne le parcours d’apprenantes encore marginalisées (Remenick, 2019) et le travail des professeures davantage engagées dans l’accompagnement des étudiant·es (Gaudet et al., 2022). Comment et pourquoi le care teinte-t-il encore l’enseignement supérieur? Quelles innovations mettre en place pour assurer un environnement d’apprentissage et de travail équitable et inclusif?

Responsabilité scientifique. Soutenir la recherche pose la question des indicateurs de performance valorisant le nombre de subventions obtenues, d’articles scientifiques publiés dans des revues prestigieuses et d’étudiants et d’étudiantes diplômés. Comment penser les indicateurs de performance en recherche pour assurer l’équité? Comment les méthodes mobilisées et leur rapidité d’exécution doivent-elles être pensées pour soutenir la recherche de façon équitable?

Responsabilité sociale. Professeures loin des lieux de pouvoirs institutionnels (Dengate et al., 2021) et étudiantes engagées gratuitement dans des comités (mères aux études, rémunération des stages), comment l’institution profite-t-elle des dynamiques genrées pour exploiter le travail des unes au bénéfice de toutes et tous?

Les solidarités intergénérationnelles et interdisciplinaires nées de la première édition du colloque visent à consolider ce lieu d’apprentissage et de réflexion pour bâtir l’université de demain.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 17 mai 2024

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