Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Annie Fontaine : Université Laval
Alors que l’itinérance gagne en ampleur et en visibilité, on voit monter l’inquiétude vis-à-vis les enjeux de santé et de sécurité publiques soulevés : froid hivernal, surdose d’opioïdes, cohabitation difficile, etc. Pendant que les préoccupations sont généralement centrées sur les conséquences de ce phénomène, de nombreux acteurs estiment qu’un renforcement des actions menées en amont sur les déterminants de la santé permettrait d’en réduire la prévalence et la gravité. Compte tenu du caractère multidimensionnel de cette problématique, la collaboration intersectorielle s’avère indispensable. Prenant appui sur les résultats d’une recherche-action portant sur la collaboration intersectorielle, cette communication mettra en lumière la valeur ajoutée des pratiques collaboratives pour mieux prévenir l’engrenage de désaffiliation sociale et d’instabilité résidentielle qui mène à l’itinérance. Cette communication discutera des enjeux relevés par les acteurs concernant les dynamiques de pouvoir qui traversent le partenariat entre le réseau public et les organismes communautaires. Nous examinerons l'impact de la centralisation des rôles du CIUSSS ainsi que les effets néfastes de l'accent sur des projets d'urgence au détriment d'une approche unifiée en santé publique. Nous relèverons aussi les leviers identifiés par les acteurs pour renforcer leur capacité d’assumer collectivement la responsabilité de resserrer le filet social autour des personnes à risque d’itinérance.
Il est établi que la santé des populations relève de facteurs multiples et interreliés nommés déterminants de la santé. Promouvoir la santé exige donc d’agir au-delà des frontières du secteur de la santé et d’adopter une approche intersectorielle. Cette approche prône la collaboration entre tous les secteurs d’activité pour influencer l’ensemble des déterminants de la santé. Reconnu comme une stratégie incontournable à la promotion et à la prévention en santé, le développement de partenariats intersectoriels vise à concerter l’action des secteurs d’activité (p. ex. : secteur politique, organisationnel (privé), communautaire, universitaire) vers l’atteinte d’un objectif commun. Or, des dynamiques de pouvoir teintent l’établissement, le maintien, la promotion et le succès de ces partenariats (Bourque, 2008; Gray et Purdy, 2018). Par exemple, des difficultés d’arrimage limitent le fonctionnement et les retombées des partenariats, puisque leurs acteurs présentent des caractéristiques parfois contrastées (p. ex. : nature des entités, secteurs d’intervention, niveaux stratégiques, capacités, ressources, degrés d’influence) (Bourque, 2008). Les asymétries de pouvoir seraient inévitables dans les partenariats intersectoriels, mais pas insurmontables (Bourque, 2008; Dewulf et Elbers, 2018). En fait, la gestion des dynamiques de pouvoir vers son partage équitable et transparent peut favoriser la synergie partenariale (Bourque, 2008; Gray et Purdy, 2018). Considérant que la gestion des dynamiques de pouvoir est peu abordée dans la littérature scientifique, il est urgent de s’y intéresser afin de structurer des interventions porteuses en santé (Dewulf et Elbers, 2018; Walker, 2020). Pour maximiser le développement d’une synergie partenariale en santé, il est donc nécessaire de situer ces dynamiques de pouvoir dans les partenariats intersectoriels en promotion de la santé et du bien-être puis de réfléchir collectivement aux moyens d’améliorer les pratiques de recherche et d’intervention.
Titre du colloque :
Thème du colloque :